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La galerie de l'Agora des arts

Valérie Fanchini - verrier

Entre fragiles cocons de verre suspendus dans des cages de fer, méduses translucides aux filaments d’acier, fines cascades de cristal lovées dans du bronze, l’atelier de Valérie Fanchini témoigne du duel permanent que l’artiste poursuit dans sa création. Réaliser l’improbable union du métal et du verre et en faire jaillir : puissance et fragilité, contrastes et dépendances, transparence et opacité, dans un univers habité par la représentation du vivant. De formation scientifique, Valérie Fanchini est venue à 25 ans à la sculpture pour le plaisir –et l’étonnement- de créer avec ses mains et de se confronter avec la matière. Elle a d’abord modelé la terre, puis le plâtre, avant de découvrir le métal et la soudure qui lui ont offert la possibilité de construire dans l’espace en toute liberté, de jouer avec l’équilibre précaire. Comme dans la vie. De nombreuses sculptures axées sur le corps humain, suspendues ou en déséquilibre sont nées durant cette période. Elle ne s’interdit pas d’y revenir.

La rencontre avec le verre

Mais depuis quelques années, elle a rencontré le verre. Cette substance lui a rappelé les émaux qu’elle fabriquait adolescente. Et ce verre ne l’a plus quitté. Après plusieurs stages notamment à Sars Poteries dans le nord de la France (en 2006) et à Corning aux États Unis (en 2007), il est devenu la matière privilégiée de son langage plastique, la source de mille possibilités et surprises. Les artistes du « Studio Glass movement » qui a signé le renouveau du verre dans les années 1970, ne s’étaient pas trompés sur ses qualités intrinsèques et son fort potentiel artistique.

Valérie Fanchini travaille le verre selon deux techniques : le casting, pâte de verre à la cire perdue, et la pâte de verre fine au sable. Des procédés délicats, d’où cette flèche d’adrénaline qui la guette à chaque prise de risque lorsqu’elle se lance dans de nouvelles pièces et explore leur faisabilité. En associant le verre au métal dans des œuvres figuratives ou abstraites, parfois de manière violente comme ces lames qui transpercent le verre ou ces chaînes qui le ligotent, elle continue de creuser les notions d’ambivalence, d’interdépendances, de complémentarité et d’équilibre qui sous-tendent sa création depuis le début.

Un travail en puissance et finesse

Un travail tout en puissance et en finesse à l’image de cette artiste qui au cœur de son atelier de Malakoff, avec la force de son énergie créative, découpe au chalumeau, soude à l’arc, broie, ponce, cuit, usine des pièces de cristal, de verre, de bronze ou d’acier pesant jusqu’à vingt kilos, pour en extraire des œuvres d’une étonnante complexité, entre pesanteur et légèreté.

Catherine Rigollet (déc 2011 - janv 2012)

Portrait de l’artiste : Lionel Pagès © L’Agora des Arts, décembre 2011.
Photos des oeuvres : Photos 1, 4, 9 et 10 : Lionel Pagès © L’Agora des Arts - décembre 2011.
Photos 2, 3 et 11 : ©Valérie Fanchini
Photos 5, 6, 7 et 8 : ©Atelier 80