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Du côté de chez Jacques-Emile Blanche. Un salon à la Belle Epoque

jeudi 25 octobre 2012

Du 11 octobre 2012 au 27 janvier 2013
Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent
3, rue Léonce-Reynaud, Paris (16e)
Du mardi au dimanche, sauf jours fériés, de 11h à 18h
Plein tarif : 7€
Tél. 01 44 31 64 31
www.fondation-pb-ysl.net

Dans l’atmosphère feutrée de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, déjà un lieu de mémoire en elle-même -ce 5 de l’avenue Marceau étant passé du statut d’hôtel particulier du XIXe siècle à celui de maison de haute couture la plus célèbre de la fin du XXe siècle-, un autre passé s’expose, d’autres fantômes viennent peupler les salons consacrés à l’œuvre de Jacques-Émile Blanche (1861-1942), le célèbre portraitiste de la Belle Époque. Ce choc forcément assourdi de tant d’époques rend quelque peu ivre, d’autant que la renommée, voire le génie, de l’assistance ne manque pas de faire vaciller lui aussi. Si un des postulats de départ de l’exposition était de considérer Blanche comme « le Proust de la peinture », ne serait-ce que parce qu’ils entretinrent une longue relation amicale à éclipses (notamment à cause de l’affaire Dreyfus) et que Blanche réalisa le portrait le plus célèbre de l’écrivain, son seul portrait à l’huile à l’attribution certaine (1892), la comparaison ne tient pas longtemps si l’on met en balance la puissance de la créativité artistique et de l’innovation esthétique de l’un et de l’autre. D’ailleurs, Blanche lui-même l’a lucidement écrit plusieurs fois : « Mes articles, mes études ne sont, à la façon de mes portraits peints, que les paragraphes ou les pages d’une petite histoire de mon temps. » ou encore, « Ce que je prétends à recréer c’est quelque chose comme l’atmosphère, le ton d’une époque. » Voilà justement pourquoi Blanche, qui n’a pas révolutionné la peinture, nous touche et nous épate. Gens du monde, que l’on retrouve transposés en Verdurin ou Guermantes chez Proust, et artistes, surpris pour la plupart au moment de leur envol, les plus éminents sont presque tous portraiturés par Blanche parmi lesquels, outre Proust, on trouve Barrès, Bergson, Claudel, Cocteau, Degas, Gide, Louÿs, Mallarmé, Nijinski, Anna de Noailles, Rodin, Stravinski... Et l’histoire se déploie jusqu’aux portraits de « Félicien Cacan en soldat », disciple et assistant de Blanche, ou du maréchal Foch. Peintre d’un monde des salons qui va bientôt disparaître dans le fracas de la Grande Guerre, représentant d’un genre, le portrait réaliste, que la photographie et la peinture avant-gardiste commencent déjà à sérieusement éclipser, Blanche fait naître la douce nostalgie d’un âge d’or, un imaginaire historique et littéraire, le temps perdu... Parmi ses plus de 70 œuvres, ce qui fait de cette exposition la plus grande rétrospective parisienne de l’œuvre de Blanche depuis 1943, on découvre son talent de pastelliste. Une exposition au parfum « Belle Époque », ponctuée de sons et de senteurs originaux (l’ambiance a été très étudiée), qu’un catalogue très bien fait vient agréablement compléter et prolonger (éditions Skira-Flammarion, 160 pages, 30€).

Jean-Michel Masqué

Jacques-Emile Blanche, Pierre Louÿs, 1893, Huile sur toile, 110 x 87 cm (avec cadre). Collection particulière © Jane Roberts Fine Arts, Paris. © ADAGP, Paris 2012