L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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La galerie de l'Agora des arts

Frédérique Morrel-Décoratrice

Frédérique Morrel dans son atelier. © Lionel Pagès
Apocalypse before
Bonny
Colonel dard
Joseph
Loveline
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venus de mylo
Vermeer double trouble

Artiste-designer, en duo avec Aaron Levin, elle sublime vieux canevas et broderies dans des sculptures où le kitsch se conjugue avec l’humour et la nostalgie.

Lors du Off avant-gardiste de Paris Design Week 2011, à la Cité de la mode et du design, le cheval tapissé de canevas kitsch de Frédérique Morrel attirait toutes les attentions. À la croisée du design, de la décoration et de l’art, l’univers décalé de cette artiste-designer, ex-professeure à l’École Supérieure des Arts appliqués Duperré s’est construit sur une trilogie : filiation, rupture, réappropriation. Emue qu’une grande scène de chasse en tapisserie confectionnée avec ferveur par sa grand-mère soit injustement jetée, elle décide de récupérer partout canevas, broderies et tapisseries jugés démodés, pour redonner vie et valeur esthétique à ces travaux d’aiguilles féminins.
Après la collection d’objets pour la maison « re-made in France » (coussins, fauteuils, abat-jour et vêtements), ce sont les vanités, squelettes, trophées de chasse détournés et moulages d’animaux grandeur nature que Frédérique Morrel habille d’un assemblage de pièces de tapisseries et de canevas vintage, prenant la mode à contre-pied et élevant le kitsch au rang de nouvelle coqueluche de collectionneurs internationaux, de Baltimore à Milan, en passant par Londres.
Cheval, renard, lapin, sanglier, mais aussi licorne, biche à deux têtes ou cerf à jambes humaines, un surprenant bestiaire reprend vie sous ses doigts inspirés, couvert d’extraits de célèbres tableaux de Millet ou Fragonard, de compositions florales, de personnages célèbres, de scènes religieuses, d’allégories ou d’animaux. Des sculptures-tableaux composées comme des peintures. Avec une étonnante iconographie qui joue avec la mise en abîme, l’humour décalé, la poésie et le romanesque.
Du manifeste artistique revendiquant la reconnaissance de l’art modeste, Frédérique Morrel est passé au concept plus contemporain de « la pièce unique dans la série ». Avec une nécessité : travailler en équipe pour chiner la matière première, concevoir et produire des œuvres qui nécessitent des heures de travail minutieux effectué avec trois assistants dans son tout petit atelier parisien, et assurer la promotion et l’exposition des œuvres. D’un nom, la designer a donc fait un duo avec son mari Aaron Levin, une affaire de famille (les 3 enfants et les 2 Jack Russel jouent parfois les mannequins) et une marque.

Catherine Rigollet (novembre 2011)

Portraits : © Lionel Pagès pour l’Agora des Arts.
Visuels des œuvres : © Philippe Cluzeau (pour les œuvres détourées sur fond blanc) et F.M pour les autres.