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Georgia Russell. Scalpel et pinceau

Longtemps le scalpel lui a servi de crayon, le découpage étant un acte artistique libérateur pour Georgia Russell. Mais après avoir découpé des photographies pour créer de nouvelles images puis lacéré de vieux livres, les transformant en fines lanières (peintes ou non) assemblées en sculptures totémiques, tels des scalps agités d’un invisible souffle (l’Érotisme, 2011 ; Complexe créature, 2013), cette artiste écossaise (née à Elgin en 1974, vit et travaille en France) a commencé une autre étape en s’attaquant à la toile. D’abord en la lacérant, non pas d’une seule large et violente coupure comme Lucio Fontana, mais de milliers de fines et délicates incisions comme autant de traits de lumière formant une nouvelle trame et une image mouvante selon l’angle avec lequel le spectateur la regarde. Des toiles souvent de très grands formats, aux effets parfois proches de l’op-art.
Georgia Russell associe désormais la peinture à ce complexe travail de scarification, balayant la toile de manière très gestuelle avec une matière picturale (acrylique et gouache) diluée et quasi monochrome, faite de nuances de gris, de bleu, de vert pâle d’inspiration végétale, avant de tailler dans le vif. Traduisant en couleurs, mouvements, entailles et lumière des feuillages agités par le vent, de hautes herbes, la pluie (The rains I, 2019)...Des œuvres d’exploration de surfaces (libérées du plexiglas qui recouvraient les précédentes), aussi délicates, élégantes et fragiles que l’étaient ses livres-sculptures, pieusement mis sous cloche de verre. Parfois l’artiste détache la toile du mur, lui donnant encore plus de relief et de profondeur, double ou triple ses toiles, livrant une sorte de tissage sculptural (Verso, 2019 ; Camouflage, 2019).
Cette quatrième exposition de Georgia Russell à la galerie Karsten Greve dévoile une vingtaine de toiles inédites.
Catherine Rigollet
Visuel : Georgia Russell, Camouflage, 2019. Acrylique et gouache sur toile. 3 panneaux, 305 x 340 x 60 cm. Et détail.

Du 14 septembre au 26 octobre 2019
Galerie Karsten Greve
5, rue Debelleyme – 75003
Du mardi au samedi, 10h-19h
Entrée libre
www.galerie-karsten-greve.com/fr