Partenariat et publicité Liens utiles Contact La rédaction Suivre la vie du site RSS 2.0 Logo FaceBook Logo Twitter
L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos à Paris > Archives expo à Paris > L’Afrique des routes > L’Afrique des routes au Quai Branly

L’Afrique des routes au Quai Branly

vendredi 24 février 2017

Du 31 janvier au 12 novembre 2017
Musée du quai Branly-Jacques Chirac
Mezzanine Ouest
Lundi, mardi, mercredi, dimanche : 11h-19h
Jeudi, vendredi, samedi : 11h-21h
Tarif :10€
www.quaibranly.fr

 

- Soirée "Before Afrique", vendredi 3 mars 2017, de 19h à minuit.
- Visite contée (à partir de 6 ans) jusqu’au 1er avril 2017.

C’est en parcourant l’espace africain que l’on comprend le temps de l’histoire africaine. Car, tout au long de l’édifiante exposition « L’Afrique des routes » et comme l’affirment les commissaires Gaëlle Beaujean et Catherine Coquery-Vidrovitch qui en font même le principe de leur démarche, on se rend à l’évidence que l’Afrique a une histoire multimillénaire. Une histoire qui ne démarre donc pas à l’arrivée des premiers explorateurs puis colons européens !

D’ailleurs, et on commence à le savoir depuis un certain temps, l’Afrique au sud du Sahara est le berceau de l’humanité. Le mot « histoire » venant du mot grec « enquête » et l’historien Marc Bloch ayant affirmé qu’en histoire « tout est source », l’exposition du Quai Branly présente une suite d’indices pour mener cette enquête.

« Ce fut une géographie favorable aux transhumances, aux échanges entre biens vivriers et produits du désert, entre sel et fer, entre or et sel, entre cultures. Ces échanges ont favorisé migrations agraires, défrichements forestiers et commerce intense, de relais comme à longue distance. Cette circulation des hommes et des biens, par voie terrestre ou fluviale, a laissé des traces révélées par les objets et les documents », précisent les commissaires. Routes jalonnées de villes, moyens de transport (magnifiques selles ouvragées de cheval et de dromadaire), routes commerciales, routes spirituelles et religieuses, routes esthétiques, routes coloniales, routes artistiques, les échanges intra-africains et extra-africains sont magnifiquement documentés par près de 300 sculptures, masques, bijoux, pièces d’orfèvrerie ou d’ivoire, monnaies, textiles, illustrations et gravures, manuscrits, cartes et portulans…

Tous ces objets, constate Stéphane Martin, président du musée du quai Branly-Jacques Chirac, « remarquables par leurs qualités formelles, leur facture, le sont également par les enseignements qu’ils livrent, disant chacun les étroites correspondances par lesquelles l’Afrique fait corps avec l’histoire des siècles, la subissant ici, l’impulsant là. »

On découvre des civilisations, on redécouvre des capitales. Les « religions du terroir » s’exportent vers les Amériques avec l’esclavage tandis que les religions du Livre se diffusent au fil des siècles sur le continent africain, le judaïsme avec le légendaire Ménélik 1er, fils du roi Salomon et de la reine de Saba, l’Islam par les échanges avec le monde arabo-musulman et le christianisme de l’Éthiopie copte du Ve siècle aux colonisateurs à partir de la fin du XVe siècle. Poteaux funéraires et plantes médicinales montrent les relations anciennes avec l’Asie, Indonésie comprise. Les différentes séquences de l’exposition, ces « routes » de l’Afrique, sont ponctuées de pauses chronologiques et de pôles de cartes animées montrant l’ampleur de la circulation en Afrique, continent intermédiaire et médiateur.

Justement, l’ultime séquence nous présente « la nation des artistes », des routes artistiques en quelque sorte où se frottent les influences d’un continent à l’autre, où s’inventent des œuvres d’une singularité qui ne contredit pas l’universalité de l’art. Parce que l’histoire de l’Afrique continue, même au sein de l’histoire mondialisée !

Jean-Michel Masqué

Visuels : Salière afro-portugaise, 16e siècle. Style Edo d’Owo. Nigeria, atelier de Nenin City. Ivoire. Musée du quai Branly-Jacques Chirac.
Philip Kwame Apagya (né en 1958), Come on Board ! 2000, tirage à développement chromogène. 84,6 × 65 cm. © Philip Kwame Apagya / Courtesy CAAC – The Pigozzi Collection, Genève. Collection Pigozzi.