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La Collection Emil Bührle. Entre ombre et lumière

Si l’art était au cœur de la vie de collectionneur d’Emil Bührle, la vente d’armes était son fonds de commerce. Emil Georg Bührle (1890-1956) né en Allemagne et établi en Suisse en 1924, livrait ses canons à la Wehrmacht mais aussi aux pays neutres, aux Français et aux Anglais et cela sous le contrôle du gouvernement fédéral suisse. S’étant considérablement enrichi pendant la guerre, il poursuit ses achats d’œuvres d’art, commencés en 1937 avec des tableaux de Corot, Courbet, ainsi que des toiles impressionnistes et postimpressionnistes, toujours en suivant les conseils des marchands qui lui envoient les toiles à Zurich pour lui permettre de choisir. Exceptionnellement, il fera un voyage à Giverny en 1951 pour visiter l’atelier de Monet et acheter auprès du fils du peintre quatre panneaux des Nymphéas.
À la fin de la guerre, le service en charge de la récupération d’œuvres d’art spoliées par les nazis trouvera treize toiles chez Bührle. Après les avoir restituées à leurs légitimes propriétaires en 1948, il en rachètera neuf dans la foulée, dont La Liseuse de Corot appartenant au marchand d’art Paul Rosenberg et L’Eté à Bougival de Sisley appartenant à Moïse Lévi de Benzion ; la justice reconnaissant qu’il a agi de « bonne foi ». En 1951, Bührle gagnera le procès intenté à la galerie Fischer de Lucerne qui lui a vendu des œuvres spoliées.
Emil Bührle réunira au total une collection de 633 œuvres d’art. Aléas d’une collection, deux d’entre elles, des autoportraits de Rembrandt et de van Gogh…se révèleront être des faux. Après sa mort, sa veuve et ses deux enfants créent la Fondation Collection E.G. Bührle à Zurich, léguant à la fondation environ 200 tableaux, pastels et sculptures, soit un tiers des œuvres d’art laissées par le collectionneur.
Avant son emménagement dans la nouvelle extension du Kunsthaus de Zurich qui accueillera le prêt à long terme de la Collection Emil Bührle, le musée Maillol à Paris présente (dans un accrochage hélas mal éclairé et trop clairsemé) une sélection d’une soixantaine de toiles issues de la Collection Bührle avec quelques perles comme Le Garçon au gilet rouge, de Cézanne, Le Champ de coquelicots près de Vétheuil de Monet, Branches de marronnier en fleurs et Le semeur, soleil couchant de van Gogh ou encore ces Pivoines et pêches de Fantin-Latour, dans lesquelles on a envie de croquer.
Catherine Rigollet
Visuels : Paul Cézanne (1839-1906), Le Garçon au gilet rouge, 1888/90. Huile sur toile. Photo L’Agora des Arts, 2019.
Henri Fantin-Latour (1836-1904), Pivoines et pêches, 1873. Huile sur toile. Legs Dr. Dieter Bührle, 2012. Photo L’Agora des Arts, 2019.
"Emil Georg Buhrle assis entouré des peintures de sa collection en 1954". © Dmitri Kessel / The Life Picture Collection / Getty images.

Du 20 mars au 21 juillet 2019
Musée Maillol
61, rue de Grenelle – 75007 Paris
Tous les jours, de 10h30 à 18h30
Nocturne le vendredi jusqu’à 20h30
Tarif plein : 13,5 €
www.museemaillol.com