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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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La fabrique des images

mercredi 17 février 2010

Visions du monde et forums de la représentation
Du 16 février au 17 juillet 2011
Musée du quai Branly
www.quaibranly.fr

- Visite guidée de l’exposition la Fabrique des images à partir du 23 février 2010. Durée 1h / Tous publics.
Accessible aux personnes à mobilité réduite.
Visite en LSF sur demande.
Calendrier des visites sur le site du musée.

-  The River.
A partir du 9 mars, une nouvelle installation d’art contemporain signée Charles Sandison, est à découvrir tout au long de la rampe d’accès menant au plateau des collections. Commandée par le quai Branly, cette œuvre vidéo, véritable expérience esthétique et sensorielle, plonge le visiteur dans une rivière de mots en mouvement évoquant les peuples et lieux géographiques représentés dans les collections du musée.

- Le musée du quai Branly fête ses 5 ans lors d’un week-end anniversaire les 24, 25 et 26 juin. Le plateau des collections, les expositions temporaires Maya, Dogon. et La Fabrique des images sont en accès libre et gratuit pour tous.

Certains masques d’esprits animaux d’Amérique du Nord et de Malaisie combinent un visage (indice d’une intériorité de type humain) et un corps d’espèce animale, moyen d’incorporer l’animal lors des rituels de chasse et des séances chamaniques. À partir du postulat selon lequel il existe quatre grandes visions du monde, quatre grandes stratégies figuratives (appelées traditionnellement des ontologies) que sont le totémisme, le naturalisme, l’animisme et l’analogisme, Philippe Descola, commissaire de cette 3ème grande exposition d’anthropologie du musée du quai Branly, propose un passionnant décryptage des grandes productions artistiques et matérielles de l’Humanité pour révéler ce qui ne se voit pas d’emblée dans une image, à savoir les effets que ceux qui l’ont créée cherchaient à produire sur ceux à qui elle était destinée. Dans certains cas, ces effets sont perceptibles par delà les siècles et la diversité culturelle, pourvu que ce qu’elles figurent soit reconnaissable. Des images très anciennes ou très lointaines peuvent éveiller en nous le désir, la peur, le dégoût, la pitié, l’amusement ou même, plus simplement, la curiosité. Le plus souvent, toutefois, ces effets ne sont pas perçus, car les conventions qui guident leur mise en image restent opaques aux visiteurs d’un musée du XXIe siècle dont le regard a été façonné pour l’essentiel par la tradition de l’art occidental.
Prenons la beauté par exemple, si le naturalisme dans l’Europe de la Renaissance en appelle à l’idée de beauté et de reproduction du réel, l’animisme des Inuit ou des Amazoniens, en harmonie avec la nature, vise plutôt le principe de métamorphose. Dans ces cultures marquées par « l’omniprésence du surnaturel », selon les termes de Claude Lévi-Strauss, la beauté sera plutôt éclat, lumière, rythme, vibration, efficacité… Riche de 160 œuvres et objets, le parcours conduit le visiteur à travers 4 sections correspondant aux 4 « ontologies ». La partie « un monde animé » est consacrée à l’animisme, « un monde objectif » au naturalisme, « un monde subdivisé » au totémisme et « un monde enchevêtré » à l’analogisme. Et comme tout n’est pas si simple, une 5e section à vocation comparative montre des paires d’œuvres (des "faux amis") dont les contenus paraissent semblables, représentant en réalité des choses fort distinctes. Une exposition passionnante, mais complexe, à visiter en prenant son temps pour en saisir toute la subtilité, ou mieux, dans le cadre d’une visite guidée.

C.R.