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Les derniers feux du palais de Saint-Cloud. Le parfum d’un palais disparu.

Des photographies et une centaine d’œuvres et d’objets en provenance du palais de Saint-Cloud, évacués vers Paris avant l’incendie du bâtiment en 1870, évoquent les fastes du palais à la fin du règne de Napoléon III.


Tout a commencé grâce à la découverte d’un rare album de photographies réalisées par Pierre-Ambroise Richebourg (1810-1875), « une source fondamentale pour la connaissance du palais de Saint-Cloud ayant disparu dans les flammes », souligne Emmanuelle Le Bail, directrice du musée des Avelines. Formé à l’optique par Vincent Chevallier, puis élève de Louis Daguerre, Richebourg devenu photographe officiel de la Cour de Napoléon III est libre de déambuler dans le palais de Saint-Cloud.
Chroniqueur privilégié de l’Empire, documentariste rigoureux doté d’un grand sens artistique, Richebourg va immortaliser en 99 photographies (dont 23 vues extérieures et 76 vues intérieures) cette résidence de villégiature, située à quelques kilomètres de Paris, dont la vie est rythmée par des visites officielles et des fêtes. Particulièrement appréciée de l’impératrice Eugénie, elle l’a meublée somptueusement, inspirée par sa passion pour Marie-Antoinette et le mobilier de Louis XVI et « tenait à ce que rien ne soit modifié sans son accord ».
Les tapisseries ont une place prépondérante comme en témoigne celle de L’Histoire de Marie de Médicis, d’après Rubens, répartie dans les grands appartements. Ou encore celle de Marie-Antoinette et ses enfants, réalisée d’après une toile d’Élisabeth Louise Vigée Le Brun. Les tableaux (Le Zouave trappiste d’Horace Vernet) et les créations les plus novatrices de la manufacture voisine de Sèvres décorent les pièces (paire de vases « étrusque de Naples » avec décor d’oiseaux, 1853, due à Labrouste). Les meubles sont signés d’ébénistes renommés comme cette table de salon en marqueterie de bois de couleur et bronze doré (1855) par Henri-Léonard Wassmus ou ce bureau de deux mètres de long en bois de rose bordé de palissandre (1864), commandé pour l’empereur à Gustave-François-Joseph Fossey.
Mais dans la nuit du 13 au 14 octobre 1870, lors du siège de Paris, un obus français tiré du Mont-Valérien et destiné aux batteries prussiennes installées dans le parc du palais, tombe dans la chambre de l’Empereur. L’incendie ravage le palais de Saint-Cloud. Les ruines seront démolies en août 1892. Heureusement, dès août 1870, l’impératrice Eugénie avait fait évacuer de nombreux objets d’art et mobilier qui ornaient le palais vers le Louvre et le Garde-Meuble royal (futur Mobilier national). Considérées moins prioritaires, nombre d’œuvres du XIXe siècle n’ont pas été évacuées et ont disparu à Saint-Cloud.
À partir de l’album de Richebourg, dont le musée a fait l’acquisition en 2014 auprès du collectionneur Jean-Denis Serena, le visiteur découvre le palais et les jardins au gré des photographies (dont l’excellente qualité a permis de grands agrandissements) et d’œuvres sauvées du feu, empruntées aux grandes institutions françaises qui les ont accueillies : Mobilier national, château de Versailles, de Compiègne et de Fontainebleau, Musée d’Orsay, etc. Ou encore à des collectionneurs privés, comme la galerie Steinitz.
Une passionnante déambulation artistique et historique dans le joli musée des Avelines, situé dans une ancienne villa des années 30, au cœur d’un jardin arboré, et qui possède d’intéressantes collections, notamment autour de l’histoire de la ville de Saint-Cloud et de son château depuis le XVIIe siècle.
Catherine Rigollet
Visuels : Adolphe Block (éditeur). Façade sur la cour d’honneur du palais de Saint-Cloud. Photographie stéréoscopique, vers 1868. Saint-Cloud, musée des Avelines / Gilles Plagnol.
Pierre-Ambroise Richebourg (1810 – 1875). Le grand salon ou salon blanc de l’appartement de l’Orangerie. Tirage photographique sur papier albuminé, vers 1868. Saint-Cloud, musée des Avelines / Gilles Plagnol.
Jean-Baptiste Tissier (1814-1876), d’après Franz Xaver Winterhalter (1805-1873), Portrait de l’impératrice Eugénie. Huile sur toile, vers 1857. Musée national dy château de Compiègne. Photo L’Agora des Arts.
Léon Jean-Baptiste Sabatier (graveur)et Albert Adam (dessinateur), L’incendie du palais de Saint-Cloud, lithographie, 1872. Musée des Avelines. Photo L’Agora des Arts.

Du 10 octobre 2019 au 23 février 2020
Musée des Avelines
60, rue Gounod – Saint-Cloud (92)
Du mercredi au samedi, 12h-18h
Dimanche 14h-18h
Fermé jours fériés
Entrée libre
www.musee-saintcloud.fr