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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Odilon Redon, des "Noirs" à la couleur

mercredi 23 mars 2011

Odilon Redon, Prince du rêve (1840-1916)
Du 23 mars au 20 juin 2011
Grand Palais
Tous les jours, sauf mardi
De 10h à 20h, nocturne le mercredi et le vendredi jusqu’à 22h.
Plein tarif 11€
www.rmn.fr

- Le parcours de cette rétrospective, la première à Paris depuis celle de l’Orangerie en 1956, réunit 180 peintures, pastels, fusains, dessins et, grâce au concours exceptionnel de la Bibliothèque nationale de France, une centaine d’estampes. Elle sera présentée du 7 juillet au 16 octobre 2011 au musée Fabre de Montpellier, organisateur de l’événement avec la RMN-Grand Palais et le musée d’Orsay.

Finalement, Redon est un artiste assez méconnu et qui reste énigmatique. Si l’ensemble de son œuvre, traversé d’influences littéraires et artistiques, demeure celle d’un peintre symboliste à l’univers fantastique et onirique, quel changement d’univers entre ses Noirs veloutés, fusains et lithographies mystérieuses, peuplées d’êtres hybrides, de personnages mélancoliques, d’yeux en apesanteur, de songes cauchemardesques et cette explosion décorative et colorée des décors floraux japonisants réalisés durant les dix dernières années de sa vie ! Enfant, dans la propriété familiale de Peyrelebade, en Gironde, Odilon Redon (1840-1916) contemple les nuages et y discerne « des apparitions d’êtres bizarres, chimériques et merveilleux ». Des images qui, comme ses lectures de Poe, Flaubert, Baudelaire ou la découverte des peintures de Goya, vont nourrir les tréfonds obscurs de son monde intérieur dans lequel l’humour n’est jamais loin, même dans le cauchemar : Araignée souriante montrant de belles quenottes, Bataille des os se restaurant, L’œuf aux yeux sortant du coquetier, etc…. En 1878, Redon s’adonne à la lithographie pour diffuser plus largement ses œuvres, commençant à éveiller l’attention d’un plus large public. Mais le « peintre littéraire », ce « Prince du rêve » comme l’a aussi qualifié Thadée Natanson dans la Revue blanche, lors de l’exposition chez Durand-Ruel en 1894, va brouiller les pistes. La transformation s’amorce avec les pastels, elle devient évidente dans le décor qu’il réalise en 1900 pour le château de Robert de Domecy, à Sermizelles, dans l’Yonne et que l’on peut découvrir dans l’exposition. Désormais l’huile et les couleurs dominent, notamment les jaunes dorés et les roses pâles. La figure humaine a cédé la place au monde végétal et aux ailes de papillons dans une profusion ornementale qui évoque Gustave Klimt. Il transpose aussi en peinture des œuvres exécutées en noir, réalise des cartons pour la Manufacture des Gobelins, décore l’abbaye de Fontfroide et suscite l’admiration de Bonnard, Vuillard et Matisse. Après avoir joué un rôle dans la genèse du symbolisme, Redon apparaît comme un précurseur du surréalisme, tout en gardant sa part de mystère, celui d’un artiste qui après le noir a « épousé la couleur » en dernière noces et n’a jamais pu la quitter.

Catherine Rigollet