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La galerie de l'Agora des arts

Ben Ami Koller-Peintre

Disparu brutalement le 15 décembre 2008 à Montreuil, Ben Ami Koller laisse une œuvre majeure, faite d’immenses dessins en noir et blanc, de toiles abstraites (série qui fut aussi sa tentation de la couleur) et d’une dernière série bouleversante, violemment expressionniste dans laquelle il évoque les camps de concentration nazis. Un douloureux retour sur le passé familial et un indispensable travail de mémoire. L’Agora des Arts avait consacré un article à ce travail en 2007.

« Café Auschwitz »

Ben Ami Koller est né en 1948 à Oradea en Transylvanie, une région de Roumanie qui faisait partie de la Hongrie, avant guerre. De toute sa famille déportée à Auschwitz, seule sa mère est revenue. Après des études d’arts plastiques à l’Académie des Beaux Arts de Bucarest, il émigre en Israël en 1974, avant de choisir de s’installer en France, en 1981. Depuis plus de trente ans, ce dessinateur insatiable puise son inspiration dans l’être humain, dessinant des corps et des visages au crayon, à la pointe d’argent, à la pierre noire, à la sanguine, à l’encre de chine, à la peinture, aussi bien sur toiles que sur grands papiers. Sensuelle et expressionniste, son œuvre est à la fois puissante et voluptueuse. Après un bref détour par l’abstraction et la couleur, Ben Ami Koller est vite revenu à une figuration dans laquelle le noir et le blanc règnent à nouveau en maîtres. Depuis décembre 2006, il s’est jeté sans retenu dans un travail de mémoire du génocide, utilisant sa toile comme un carnet de croquis et faisant jaillir avec ses bâtonnets d’huile une œuvre picturale violente et épaisse d’où émergent des corps d’ombre et de douleur. « Je ne comprends pas comment je suis arrivé à évoquer cette souffrance humaine. Je n’ai pas mené une réflexion sur cette peinture, c’est sorti instinctivement. J’ai d’abord peint des corps versés sur fond clair. Après est venu le noir.
Peut-être à la veille de ses 60 ans a-t-il ressenti le besoin de jeter un regard en arrière et de raconter avec sa palette d’artiste ce que sa mère lui a confié lorsqu’il avait 18 ans. C’était la veille de son départ pour Bucarest. Jamais elle n’avait eu le courage de témoigner auparavant. Ce jour là, elle a parlé pendant sept heures d’affilés, comme si elle sentait un besoin impérieux de transmettre. Elle est morte peu de temps après, elle avait 44 ans. Pour Ben ami Koller, si cette série se nomme « Café Auschwitz » en mémoire des siens, elle exprime plus généralement la souffrance humaine commune à tous les pays du monde où se sont déroulés et se déroulent encore : des déportations, des génocides, des crimes contre l’humanité.
Sans renier son plaisir physique de peindre, de travailler la matière sur de grands formats quelque soit la violence du thème, il entend poursuivre son œuvre avec sincérité.

Catherine Rigollet (Avril 2007)

Photos © Lysiane Koller

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- Retrouvez toute l’actualité des expositions et rétrospectives de Ben Ami Koller sur le site :
www.benamikoller.com