L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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La galerie de l'Agora des arts

Eudes MENICHETTI - Plasticien

Eudes Menichetti. Photo. Lionel Pagès ©L'Agora des Arts 2011.
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Cet écorché vif explore le monde dans des peintures sur métal à l’iconographie populaire, et son inconscient dans des dessins de fantômes baroques. Une œuvre onirique et percutante.

Dans la vaste maison de ses arrière-grands-parents à Montreuil, excroissance de verdure dans le tissu urbain, Eudes Menichetti dispose d’un atelier sur deux étages, autant celui d’un artiste que d’un bricoleur, où il traque ses chimères, dessine sa vie et détourne le corps humain. Le meilleur exemple en est sa série « une année 2007 » où il décline tous les mois en un autoportrait disséqué accompagné d’un texte au ras du quotidien. En ce moment, il expose à la fois des « tableaux métalliques » et des dessins intitulés « fantômes baroques », montrant deux faces de sa création, la veine bande dessinée et la veine anatomique. « J’aime bien que l’intérieur du corps déborde sur l’extérieur », avoue-t-il, décelant dans ce goût morbido-surréaliste l’influence des planches anatomiques des écoles de jadis ou des encyclopédies. En se coltinant aux mystères du corps humain, affronterait-il indirectement l’angoisse de la mort ?

Ces dessins à dominante noir et blanc pourraient rapprocher Eudes Menichetti d’Odilon Redon dans une sorte de symbolisme de l’existence, une lecture de l’inconscient. « La réalisation de ces peintures peut se comparer à celle d’un journal intime, précise l’artiste sur le site de la galerie Maïa Muller. Au jour le jour, je m’inspire d’un épisode de ma vie, d’une anecdote vécue, d’angoisses, de rêves réussis ou ratés, d’une envie particulière à un récit défini, fragments d’histoires qui se bousculent pour trouver une place dans la narration picturale. On peut lire mes peintures comme des énigmes, des cadavres exquis qui, tout en étant nourris d’une iconographie et d’une gestuelle appliquée et reconnue dans l’histoire proche ou actuelle, ont le désir de préserver le sens de la narration graphique et textuelle propre à ma personnalité. » Avec ses « tableaux métalliques », le peintre, qui se souvient avoir préparé des plaques de gravure lorsqu’il était plus jeune, suit une autre voie qui signale son attirance pour les matériaux les plus divers, ici du cuivre, de l’aluminium ou de l’étain. C’est son côté explorateur, minutieux et bricoleur. Il nous offre une iconographie populaire qui a d’ailleurs déjà séduit les collectionneurs et amateurs. Eudes Menichetti a peint sur caoutchouc, a essayé la pyrogravure et envisage d’utiliser le latex ou le béton... Il poursuit son œuvre en toute liberté, ne refusant rien à son imagination.

Jean-Michel Masqué (octobre 2011)

Photographies des oeuvres : ©E.M
Portraits de l’artiste : photo. Lionel Pagès ©L’Agora des Arts 2011.