L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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La galerie de l'Agora des arts

Guillaume Bourquin -Peintre

Guillaume Bourquin dans son atelier
La Divine Comédie
Les Illuminations
Récits de la Kolyma
Don Quichotte

La lettre est l’élément fondamental et constructif de l’œuvre graphique de ce « peintécriteur », qui retranscrit et met en scène sur toiles quelques uns des principaux textes de l’humanité pour les faire sortir de l’oubli. Des paysages en noir et blanc à lire ou contempler.

Dans la lignée du lettrisme des années 1940, dont Isidore Isou fut le chef de file, Guillaume Bourquin construit (écrit) une œuvre très graphique dans laquelle la lettre est l’élément pictural fondamental et constructif. Mais loin de déstructurer les textes pour s’en libérer, comme un cri d’alarme contre l’ensevelissement des pensées, ce philosophe et peintre qui se revendique artiste engagé, retranscrit sur des toiles Dante, Descartes, Epictète, Kant, Lao Tseu, Les Mille et Une nuits, Nietzche, Pascal, Rousseau… des textes qu’il enseigne depuis vingt ans et qui, selon lui, ne sont plus lus ou sont voués à ne plus l’être. « Car partout les images supplantent les écrits et ceux-ci ne peuvent se sauver qu’en devenant à leur tour objet de peinture » lance un rien cynique cet artiste au nom prédestiné à l’amour des livres. Et dans ses tableaux, comme un aveu d’impuissance, les textes jouent aux paysages, prennent la pose. Confronté à la proposition de lire ces textes choisis, le spectateur prend conscience de son manque de volonté à le faire, et l’image finit par supplanter le texte qui devient mémorial à contempler. Il n’empêche, l’artiste continue son œuvre conceptuelle, « sa façon à lui de numériser les livres ». Réalisées essentiellement sur toile, à l’encre de Chine et encre gel ensuite vernis en préservant la matité du trait, les « Peintures écrites » de Bourquin ont la poésie de paysages en noir et blanc invitant à la rêverie intérieure et vibrent parfois comme des partitions musicales. Une œuvre très graphique qui prend aussi d’assaut les murs de Paris et de sa banlieue. Incité par son ami l’artiste J.R (qui a exposé ses immenses photographies de visages de femmes sur les ponts et les quais de Paris en octobre-novembre 2009), Bourquin a fait passer ses tableaux sur affiches, et projette une transformation des piliers des autoroutes en piles de livres.

Catherine Rigollet (mars 2010)

Photographies ©Lionel Pagès