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La galerie de l'Agora des arts

Isabelle Diffre-Peintre

Encre, acrylique, fibre végétale, sable, collage de papier de soie, ses toiles peintes avec les mains fusionnent les matières et révèlent une nature imaginaire habitée aujourd’hui de silhouettes découpées drôles et poétiques.

Lorsqu’elle voit Les Nymphéas de Monet à l’âge de 7-8 ans, Isabelle Diffre est durablement marquée. Ce premier contact avec la peinture lui fait commander chevalet et boîte de couleurs. Mais, elle doit aussi sa sensibilité à la nature, son « travail de géologie » comme elle qualifie celui qu’elle réalise sur certaines de ses œuvres, à son père professeur de sciences naturelles. Ce n’est que plus tard pourtant, lors de sa première grossesse, que se déclenche vraiment le besoin de créer. Parfaite autodidacte, même si elle suit des cours de modèle à l’Ecole d’art de Cergy, elle achète toiles et pinceaux pour se lancer enfin dans une œuvre personnelle, influencée par Zao Wou-Ki, Tàpies, Dubuffet, Joan Mitchell ou encore les encres de Victor Hugo. Ses premières toiles, faites d’aplats, semblent des puzzles colorés. Puis, l’art aborigène entraîne Isabelle vers une peinture plus pointilliste. Mais, c’est le contact direct de ses mains avec la matière qui la comble, qui lui ouvre ses meilleures possibilités d’expression. Papier de soie, fibre végétale, sable, collage, encre, acrylique... Chaque toile est une aventure et souvent le support ou le medium varient. « Je recherche des fusions, des choses accidentelles, confie-t-elle. J’ai besoin de m’amuser, de faire ce qui me plaît, de me faire surprendre par ce qui se passe sur la toile. » La nature l’a toujours inspirée, des « sensations de nature » où se répondent et se pénètrent le noir, le blanc et l’or. D’ailleurs sa série des « natures », des toiles de jardin et de beau temps que l’artiste conçoit dans son « atelier sous le bouleau », joue avec le soleil et l’eau car les couleurs sont décapées au jet d’eau une fois les pigments secs. Dernièrement, des silhouettes sont apparues sur ses toiles. « J’avais envie de revenir à la couleur et aux personnages, de voir du monde sur mes toiles ! », avoue-t-elle. Cependant, elle continue à peindre la nature, à travailler à l’encre et à l’acrylique, n’arrêtant jamais vraiment une série, libre exploratrice de ses intuitions, de ses sensations, créant un paysage mental aux nuances subtiles, un univers imaginaire original. Isabelle Diffre ouvre régulièrement son atelier aux visiteurs pour des moments de partage très sympathiques car l’artiste, par ailleurs professeur pour adultes et collégiens, aime transmettre et échanger.

Jean-Michel Masqué (Janvier 2010)

Portrait : photographie Lionel Pagès