L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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La galerie de l'Agora des arts

JENOLA - Peintre

JENOLA dans son atelier
JENOLA. Les 2 Coqs
JENOLA. Les encres
JENOLA. Spatules et couteaux
JENOLA. Judas
JENOLA. Le pelikan
JENOLA. Parce que les fleurs
JENOLA. Parce que les fleurs, détails
JENOMA. Les acryliques
JENOLA. La patine
JENOLA. La plage de Kos

Série noire

D’abord on ne voit que ces yeux ronds qui nous fixent, puis ces têtes d’œuf, sans identité, sans cheveux, nez, oreilles, lèvres, juste une fente en guise de bouche, presque une plaie chez certains personnages. Pour dire leur tristesse, leur désarroi ou appeler au secours comme le petit homme du Cri de Munch ?

La vie est un combat ou une divine comédie dans les toiles de JENOLA. Elles parlent d’immigrés s’échouant sur les pages de Méditerranée, de couples qui se déchirent, de solitude, de délation…Une peinture figurative, critique, ironique, à peine adoucie par la présence d’animaux (chien, tortue, lièvre, coq…) « pour humaniser les hommes », explique ce natif de Corrèze, qui a passé vingt-six ans dans l’industrie automobile avant d’être totalement bouleversé en découvrant l’œuvre de Paul Rebeyrolle à Eymoutiers et de tout quitter en 2008 pour effectuer un virage à 180°, se consacrer pleinement à la peinture (qu’il pratiquait déjà depuis une trentaine d’années) et devenir JENOLA (JEan-NOël LAporte).

Sans pinceaux, exclusivement à la spatule et au couteau, JENOLA peint la nature humaine avec des scènes du quotidien, des brèves de comptoir, mais aussi des interprétations de poèmes et de textes de Lautréamont, Bukowski ou Dante. Et comment ne pas penser aussi à une représentation du moi physique et psychique de l’artiste face à tous ces crânes… « Tout portrait qu’on peint avec âme est un portrait non du modèle, mais de l’artiste », considérait Oscar Wilde.

Sur un fond de bitume « qui vient anéantir la blancheur de la toile », il applique une succession d’acryliques aux couleurs chaudes rouge, jaune et orange, et des encres, avant de martyriser la matière, la lessivant légèrement pour faire ressortir le fond, la griffant avant de la lustrer longuement, générant de somptueux glacis d’où émergent ses personnages dantesques dont les visages lumineux éclairent le fond noir bitumineux. C’est ma « Série noire » dit l’artiste en contemplant l’une de ses dernières toiles peintes en juin 2016 : La Plage de Kos, un hommage douloureux à tous ces migrants qui viennent se réfugier -ou mourir- sur les plages et îles grecques, l’un des points d’entrée de l’Europe.

Un regard sur le monde d’une grande intemporalité, accroché à une exigence : « il faut que chacun vive », et brossé avec rudesse autant qu’avec tendresse.

Catherine Rigollet (juillet-août 2016)

Portraits de JENOLA : Lionel Pagès
Photos des œuvres : ©JENOLA

Légende des œuvres : Les deux coqs, 150 x 150 cm. Acrylique.
Judas, 162 x 130 cm, acrylique, bitume, encre, fusain et pastel sur toile.
Le pélican (2016), 162 x 130 cm. Acrylique, encre, bitume, fusain et pastel sur toile.
Parce que les fleurs ! 162 x 146 cm. Acrylique, encre sur toile.
Parce que les fleurs ! Détail.
La Plage de Kos (2016), 162 x 130 cm. Acrylique sur toile.