L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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La galerie de l'Agora des arts

Mohamed Lekleti -Peintre

Ballet d'elles (150x110)
Improbale synphonie 100x100
Sans titre (55 x 110)
Le sommeil du coeur (100x100)
Papillon de nuit 100x100
Sans titre (100x100)
Vertige de la rêverie (100x100)
Sans titre (55 x 100)
Peinture éphémère à Koblenz
Mohamed Lekleti dans son atelier

Devant les œuvres de Mohamed Lekleti, on est parfois pris de vertige. Des corps humains sont désarticulés, s’affrontent, se blessent, fusionnent, chutent, sont manipulés comme des pantins au bout de ficelles ou semblent entravés, s’hybrident parfois avec d’improbables machines ou des chevaux qui se cabrent. Une œuvre tout en mouvements, comme en accélération perpétuelle, violente, qui parle de fracture, de quête (Ouvrir une fenêtre dans le ciel), d’interrogation sur le monde, de destins (Le Chemin des possibles), d’extase, de fuite (Vertige de la rêverie), d’enfermement. La mythologie (d’Icare au Minotaure en passant par Narcisse et Ulysse) traverse puissamment l’œuvre de cet artiste né à Taza au Maroc en 1965 et qui vit et travaille aujourd’hui à Montpellier. Les métaphores affluent : l’animal renvoie à notre côté primitif, à notre propre animalité. La machine témoigne de notre désir de contrôler notre destin grâce au progrès. L’homme et la femme s’affrontant ou s’unissant montrent qu’un même personnage peut être double et que féminin et masculin se mêlent dans tout individu.

Maître du trait et du noir, Lekleti s’en sert pour raconter des trajectoires de vies humaines, évoquer la précarité de l’existence, rendre compte de notre perception du monde. « Et personne ne peut prétendre avoir une perception juste. Elle est déformée par notre vécu, notre culture, nos croyances ». S’il ajoute parfois des couches de matières, puis des couleurs très fluides, des roses, des bleus, du rouge sang qui balaient les lignes, les floutent, augmentant l’instabilité de la scène et sa dramaturgie, l’artiste considère ses toiles comme des « dessins peints ». C’est au théâtre de la vie auquel nous invite cet artiste découvert à Paris lors du salon Chic dessin 2011 ou il obtint le Prix du Jury. À une comedia del arte, frontale, sans décor de fond pour ne pas détourner notre regard du huis clos dans lequel ses personnages se débattent, occupant toute la surface de la toile, livrant aux spectateurs la caricature de son propre monde.

Mohamed Lekleti expose en France et à l’étranger (USA, Corée, Allemagne, Maroc, Belgique, Suisse…). Invité par des villes, il a aussi entrepris un autre challenge artistique depuis le début des années 2000 en créant, à partir d’une thématique qu’il définit, des œuvres éphémères sous forme d’un parcours urbain, d’un atelier-laboratoire. Ce fut le cas notamment à Lodève, à Sète ou encore à Koblenz sur le thème des Légendes du Rhin. Une façon de sortir des cadres institutionnels et d’ouvrir un dialogue avec le public.

Catherine Rigollet (juin 2012)
Visuels des œuvres © Mohamed Lekleti