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La galerie de l'Agora des arts

Stéphane Kiefer - Créateur de lampes

Stéphane Kiefer dans son atelier
Stéphane Kiefer dans son atelier
sélection de lampes de S. Kiefer
Lampe "Esprit Steampunk"
Lampe "extincteur et phare de vélo"
Lampe "machine mécanique"
Lampe "moulin à café"
Lampe "vaporisateur et phare"

Stéphane le lampiste

Inventeur compulsif d’objets lumineux « non identifiés », dénicheur de matériaux métalliques, Stéphane Kiefer est un as de la récup qui vous transforme un manomètre et un ancien phare de vélo des années 1930 en lampe de bureau. Un artiste ouvert sur les autres et qui aime aussi faire partager ses coups de cœur.

Un petit moteur démonté d’une ancienne machine électrique en guise de pied, plus un bras articulé, plus un ancien phare de vélo des années 1930 en acier et laiton, ajoutés à un joli interrupteur en bakélite, et hop : une lampe. Un ancien carter de moto en aluminium, 3 manomètres et autres niveaux (huile et température) que l’on trouvait sur les tableaux de bords des anciennes voitures de course ou sur certaines motos, greffés sur le carter, reliés à un ancien et superbe phare de moto fixé à l’extrémité d’un bras en acier, et hop : une autre lampe...Au total, des centaines depuis 2009, classées par catégories : les anciens phares, les articulées, les machines à coudre, les anciens outils, les aimantées, les rotuliennes , les portatives, les chimistes…et les « non identifiées », des inclassables, finalement les plus nombreuses !

La passion de Stéphane Kiefer pour les lampes est née après avoir récupéré le phare de voiture d’un copain, qu’il décida de transformer en lampe…. et depuis, ce photographe de métier, mais inventeur, bricoleur et chineur compulsif en fabrique des dizaines par an. Le but étant d’offrir une seconde vie à des objets voués à la déchetterie.

C’est niché sous sa maison de la banlieue de l’Est parisien, dans un minuscule atelier étonnement sombre pour un créateur de lumière, que « Stéphane le lampiste » comme il se surnomme, crée. Piochant dans un amoncellement hétéroclite qui ressemble à de la ferraille rouillée pour un non initié, cet adepte de l’esprit Steampunk hérité de la première révolution industrielle du charbon et de la vapeur, extirpe des trésors de métal, son matériau fétiche. Il y a : des manomètres et autres instruments de mesures, des outils, des pièces issues d’ateliers de mécanique, du matériel de dentiste, des magnétos d’ancien téléphone à manivelle, mais aussi du verre et de la porcelaine provenant d’isolateurs EDF, de verrerie de laboratoire, de lampes tubes de radio TSF... Des objets dont il connait parfaitement le nom, l’usage, l’origine et l’histoire. Puis vient le temps de l’assemblage. Avec des boulons, très peu de soudure, et beaucoup d’imagination, il donnera naissance à une lampe d’esprit industriel et vintage (mais parfaitement aux normes), avec une prédilection pour les formes courbes d’inspiration Art Nouveau. Un style qu’il trouve beau pour son alliance entre l’industriel et le floral et sur lequel il se documente en permanence, se faisant fort de partager chacune de ses découvertes Art Nouveau et de ses coups de cœur concernant des artistes de la récup sur sa page facebook.

Chaque lampe qui sort de l’atelier de Stéphane Kiefer est unique et signée : « Lumière de l’atelier », son nom d’artiste. Des pièces populaires et financièrement accessibles, loin du design bobo. On peut même lui passer commande en lui apportant la machine à coudre de son arrière-grand-mère, un extincteur ou un vieux moulin à café dénicher dans une brocante. En revanche, mieux vaut ne pas être pressé, Stéphane Kiefer n’aime pas les contraintes et prend tout son temps. Le plaisir est à ce prix.

Texte : Catherine Rigollet (décembre 2016-Janvier 2017)
Reportage photo dans l’atelier : Lionel Pagès
Photos des lampes : Stéphane Kiefer