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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Tobeen, un solitaire de la modernité

lundi 11 juin 2012

Tobeen. Un poète du cubisme
Du 8 juin au 16 septembre 2012
Galerie des Beaux-Arts
Place du Colonel Raynal - 33 000 Bordeaux
Le musée et la galerie sont ouverts tous les jours de 11h à 18h sauf les mardis et jours fériés. Ouvert
les 14 juillet et 15 août.
Tél. : 33 (0)5 56 96 51 60
www.bordeaux.fr

 

 

- L’exposition se poursuivra à l’automne 2012 au musée néerlandais Flehite à Amersfoort. Elle comprend une centaine d’œuvres, paysages, portraits, scènes de genre et natures mortes. Ces œuvres proviennent d’institutions publiques ou de collections particulières de France, des Pays-Bas et de Belgique.

Au cœur de l’avant-garde parisienne, le peintre Tobeen (1880-1938) a construit une œuvre entre cubisme et néo-impressionnisme. Une rétrospective remet en lumière les paysages du Pays Basque, joueurs de pelotes basque, scènes de genre et baigneurs des années 20 de ce peintre solitaire, qui peignait surtout pour lui et peu.

Il est toujours passionnant de redécouvrir un artiste oublié, de pister ses œuvres afin de reconstruire sa carrière et de lui offrir une belle rétrospective, soixante-quatorze ans après sa mort. À la suite du collectionneur français Jean Richard, Edo et Rosella Uber ont mené ce travail sur le peintre Félix-Elie Bonnet, au curieux pseudonyme de Tobeen. Ces deux chercheurs néerlandais ont eu l’occasion d’apprécier ses tableaux dans les Musées des Pays-Bas, étonnamment riches en œuvres de ce Tobeen, dont Guillaume Apollinaire ventait dans ses commentaires du Salon des Indépendants de 1913, « les efforts fervents vers le beau ». Né à Bordeaux en 1880, Tobeen grandit dans un environnement d’artistes et d’artisans, fréquente un atelier de graveurs sur bois, fait partie du cercle du collectionneur Gabriel Frizeau, est ami avec le poète et critique d’art Olivier Hourcade et le peintre André Lhote avec qui il partage très vite un grand intérêt pour le cubisme. Ambitionnant de devenir peintre, il monte à Paris en 1907, année ou Picasso peint Les demoiselles d’Avignon qui sonne le coup d’envoi du cubisme, et fréquente les artistes regroupés à Montparnasse, à la Ruche, où il trouve un premier atelier. Dès 1911, il expose à Paris, au Salon des Indépendants dans la salle 41 réservée aux cubistes. Mais c’est en octobre 1912 qu’il se fait remarquer, au Salon de la Section d’Or où il présente onze œuvres, en compagnie de Metzinger, Juan Gris, Gleizes, Marcel Duchamp, Marcoussis, Picabia, Fernand Léger, André Lhote ou encore Jacques Villon. La plus en vue, Les Pelotaris, est acquise par le critique d’art Théodore Duret. C’est le début de sa reconnaissance artistique. La même année, Tobeen est sélectionné avec trois œuvres à l’ Armory show de NewYork, puis à Chicago et Boston. Tout en étant à Paris, il puise son inspiration dans la nature et redescend souvent à Bordeaux et au Pays basque, traduisant les scènes de port à Ciboure et les paysages d’Urrugne avec des formes géométriques, s’essayant même à quelques rares tentatives abstraites proches de l’orphisme d’un Delaunay ou d’un Kupka (Le bassin dans le parc, 1913). Mais après la guerre, durant laquelle il est mobilisé et blessé, c’est finalement avec un style néo-impressionniste très construit qu’il va s’exprimer. Qu’il peigne des paysages (revus par son imaginaire), des portraits (yeux baissés et longs nez droits), des bouquets (proches des natures mortes), des scènes de genre (superbe Basquaise portant des gerbes évoquant Diego Rivera), Tobeen modèle dans la lumière qu’il fait venir de l’intérieur du tableau, aime les blancs et joue avec une touche légèrement mouchetée (on pense à Seurat et Signac avec plus de velouté). "La peinture doit être architectonique, décorative d’une surface sans recherche imitative, mais suggestive. Selon la qualité de la couleur et des formes, l’émotion se fera sentiment pour devenir pensée" écrit cet artiste qui à l’art d’une peinture dépouillée et sereine, de couleurs harmonieuses. À partir de 1920 et jusqu’à sa mort en 1938, il vivra la plupart du temps à Saint-Valéry-sur-Somme avec sa femme, la poétesse Madeleine Dewailly, se consacrant à son jardin et continuant de peindre, au rythme lent d’un tableau par mois, des œuvres figuratives empreintes de poésie et de calme, avec toujours cette part de mystère, voire de métaphysique.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Tobeen, Les Pelotaris, 65 x 50,5 cm. Huile sur toile. Collection particulière.
Visuel page d’accueil : Tobeen, La Nageuse, 46 x 55 cm. Huile sur toile. Collection particulière.