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Victor Baltard (1805-1874). Le fer et le pinceau

mardi 16 octobre 2012

Du 16 octobre 2012 au 13 janvier 2013
Musée d’Orsay
Du mardi au dimanche, de 9h30 à 18h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h45. Fermé le lundi
Tarif plein : 9€
Tél. 01 40 49 48 14
www.musee-orsay.fr

 

 

- A voir aussi à Orsay :
"L’Impressionnisme et la mode". Du 25 septembre 2012 au 20 janvier 2013.

 

 

- L’Agora des Arts vous conseille aussi l’exposition "Labrouste (1801-1875), architecte. La structure mise en lumière". Du 11 octobre 2012 au 7 janvier 2013. Cité de l’architecture et du patrimoine.
En savoir plus.

Si le nom de Baltard évoque surtout un lieu symbolique de la capitale, les halles de Paris, on sait moins que cet architecte a conçu d’autres célèbres bâtiments parisiens comme l’église Saint-Augustin, les abattoirs et le marché de la Villette, ou encore les Pompes funèbres devenues aujourd’hui le centre culturel Centquatre. Issu d’une célèbre famille d’artistes, fils de l’architecte Louis-Pierre Baltard, formé à l’École des beaux-arts, prix de Rome et ami d’Ingres avec lequel il collabore lors de son séjour en Italie, Victor va consacrer sa carrière à la Ville de Paris, grâce au soutien d’Haussmann, son ancien condisciple d’études au lycée Henri IV. À la tête de hautes fonctions administratives (architecte des églises de Paris, directeur du service d’architecture de la ville de Paris), Baltard va mener, parfois de front, de nombreux desseins et réalisations : projet pour le tombeau de Napoléon 1er aux Invalides, projet pour un nouvel Opéra, construction de l’église Saint-Augustin, conception d’une vaste gare centrale en 1856 (à sa place sera finalement construit le magasin de la Belle Jardinière en 1867), organisation de grandes fêtes parisiennes avec des constructions éphémères, coordinateur des chantiers de reconstruction de l’Hôtel de Ville suite à son incendie en 1871, etc. Mais l’œuvre de sa vie restera la reconstruction des halles, bâtiments anarchiques et vétustes ; un chantier qui lui prendra plus de vingt ans de sa vie, qui connaîtra nombre de rebondissements et dont il ne verra jamais les deux derniers bâtiments, construits autour de la halle aux blés (actuelle Bourse de commerce) entre les deux-guerres. Les halles, Baltard y pense depuis que le projet a été lancé par les édiles municipaux sous la monarchie de Juillet, en 1840. En 1845, il est nommé officiellement architecte des halles et propose un premier projet dont la construction sera stoppée net en 1853 par Napoléon III qui ne la juge pas assez moderne. En but à de nouveaux concurrents, Baltard et son associé Félix Callet se hâtent d’en proposer un nouveau, un peu inspiré des édifices les plus novateurs de l’époque, comme la bibliothèque Sainte-Geneviève d’Henri Labrouste (à qui la Cité de l’architecture consacre une rétrospective jusqu’au 7 janvier 2013 En savoir plus.). Haussmann appuie Baltard, mais on soupçonnera longtemps ce dernier d’avoir copié ses principaux challengeurs. Son vaste édifice de fonte, de fer et de verre où priment l’économie et la fonctionnalité, si souvent imité, fut à l’origine de l’immense renommée de l’architecte. Fin dessinateur, soucieux des questions ornementales, Baltard a ajouté un élégant décor aux éléments de fonte et cette alliance avec la lumière donnée par les vastes vitres latérales fut applaudie par les revues professionnelles et grands journaux de l’époque comme l’Illustration ou l’Univers illustré.
Rassemblés dans une passionnante exposition conçue par Alice Thomine-Berrada et astucieusement mise en scène dans des petits pavillons à la Baltard par Virginia Fienga, des dessins d’architecture, maquettes, photographies (Atget, Brassaï et Doisneau), gravures, peintures, extraits de films...illustrent la vie et l’œuvre de Baltard, soulignant la complexité de cet homme à la fois conservateur et révolutionnaire, peintre qui dirigea la décoration des églises parisiennes puis de l’Hôtel de Ville et contributeur du nouveau Paris sous le Second Empire avec ses grandes Halles de métal. « L’assassinat de Baltard » avec leur démolition en 1971 marqua profondément les esprits et suscita un nouvel intérêt pour le patrimoine du XIXe siècle qui incita le gouvernement à conserver la gare d’Orsay.

Catherine Rigollet

Anonyme, Les Halles, vue prise des galeries de l’église Saint-Eustache. Estampe couleur. Paris, Collection Debuisson © Musée d’Orsay / Sophie Boegly