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Voyous, voyants, voyeurs. Autour de Clovis Trouille (1889-1975)

jeudi 24 septembre 2009

Du 28 novembre 2009 au 7 mars 2010
Musée d’art et d’histoire Louis Senlecq
Centre d’art J.H Lartigue
31, Grande Rue
95290 L’Isle-Adam
Tous les jours, sauf mardi, de 14h à 18h.
Tél. 01 34 69 45 44
Plein tarif : 3.20 €
Tarif réduit : 2.50 €
www.ville-isle-adam.fr<span

- Cette exposition itinérante sera ensuite présentée au musée Rimbaud de Charleville-Mézières, du 15 mai au 21 septembre 2010, puis au musée
du Vieux Château à Laval, du 16 décembre 2010 au 16 janvier 2011.

Peintre subversif, antimilitariste et anticlérical, Clovis Trouille a mis toutes ses tripes dans ses tableaux avec une jubilation de peindre que ses couleurs éclatantes et la précision des détails confirment. Baptisé par André Breton « Le grand maître du tout est permis », Clovis Trouille a pratiqué avant de les connaître l’art des Surréalistes. Originaire de Picardie où il est né en 1889, il se forme à l’école des beaux-arts d’Amiens et copie les maîtres au Musée de Picardie. C’est aussi un bibliophile et un fou de poésie. Après la guerre, en 1920, il s’installe à Paris et se remet à peindre tout en travaillant pendant 40 ans aux ateliers Imans, comme maquilleur de mannequins féminins. La femme occupera d’ailleurs une place de choix dans ses tableaux oniriques où la dérision se mêle à l’érotisme et à la provocation. « Il est vrai que je n’ai jamais travaillé en vue d’obtenir un grand prix à une biennale de Venise quelconque, mais plutôt pour mériter 10 ans de prison et c’est ce qui me paraît le plus intéressant » ironisait l’artiste. Volontairement kitsch, sa peinture est nourrie d’emprunts aux arts populaires (publicité, cinéma, cirque). Sa toile Remembrance (1930) est son manifeste, un concentré de ses convictions. Exposée en 1930 au Salon des artistes révolutionnaires à Paris, elle est remarquée par Salvador Dali qui présente à l’artiste Paul Eluard, René Crevel, Louis Aragon et André Breton. Tout en demeurant relativement indépendant vis-à-vis du groupe surréaliste (« Je n’adhère qu’à moi-même » déclarait-il), il est l’un des signataires du dernier Manifeste du Surréalisme en 1951.
Une seule exposition personnelle sera organisée du vivant de l’artiste, en 1963, par la galerie Raymond Cordier à Paris. Quatre expositions suivront en 1993 (galerie 1900-2000), en 1999 (Musée National des arts d’Afrique et d’Océanie à Paris), en 2002 (Musée d’art moderne, Ostende) et en 2007 au musée de Picardie à Amiens. Cette nouvelle et ambitieuse exposition, conçue par Anne-Laure Sol, directrice du musée Senlecq, en collaboration avec Henri Lambert, petit fils du peintre, remet en lumière l’univers fantasque et contestataire du grand Clovis Trouille à travers une trentaine de toiles issues de la collection de l’artiste. Elle se poursuit par l’évocation de ses amitiés artistiques avec des peintres tels Maurice Rapin, Alfred Courmes, Pierre Molinier, qui, comme lui, faisaient du refus de la norme une revendication. Elle se termine avec une sélection d’artistes contemporains qui sont dans la filiation ou dans la ressemblance Un choix hélas moins homogène qui détourne le propos et déséquilibre le parcours.

Catherine Rigollet