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Yu-Ichi Inoue (1916-1985). La calligraphie libérée

Figure de l’avant-garde artistique japonaise, Yu-Ichi Inoue est avant tout connu pour ses grands idéogrammes qu’il dessinait debout, armé d’imposants pinceaux. Un univers monochrome noir d’images et de mots, parfois même d’un seul caractère (ichijisho), l’une de ses spécialités.
Ouvert aux débats de peintres, de calligraphes ou de spécialistes de domaines divers comme les arts, la philosophie ou la littérature, en Orient aussi bien qu’en Occident, il a expérimenté divers matériaux et techniques : collage de papier journal, encres plus ou moins diluées, encre gelée, caractères sortant délibérément de la surface de la feuille…et a aussi réalisé des œuvres dans lesquelles il a abandonné la forme des signes d’écriture.
Nombre de ses œuvres constituent toutefois des textes chargés de sens, poèmes, contes ou récits qu’il adresse à la société, avec des titres qui en disent long, comme Rijun-Kakudai (Augmentation des profits), 1978 dans lequel il exprime ses prises de conscience, comme sa consternation devant l’évolution d’une société qui ne jure plus que par les résultats économiques, sans se soucier du reste. Dans Ah Yokokawa Kokumin-gakkô (Ah ! L’école primaire de Yokokawa), 1978, il revient sur l’horreur de la guerre. Le 10 mars 1945, lorsqu’il enseignait à l’école primaire de Yokokawa, des bombardements de B-29 américains sur Tokyo le plongèrent dans un coma plusieurs heures, avant de se réveiller miraculeusement et d’apprendre la mort de ses collègues, des élèves ainsi que de quelque cent mille personnes des bas quartiers.
Aux frontières de la peinture abstraite pour nous qui ne savons pas la déchiffrer, la calligraphie d’Inoue prend une autre dimension, purement esthétique et poétique. Cette exposition rassemble 76 œuvres réalisées sur près de trente années, entre 1956 et 1985.
Catherine Rigollet
Visuel : Yu-ichi Inoue, Jo, 1984, collection of the National Museum of Modern Art, Kyoto. Exemple d’ichijisho (calligraphie constituée d’un seul caractère). Photo : Tokio Ito.

Du 14 juillet au 15 septembre 2018
Maison de la culture du Japon
101 bis, quai Branly – 75015
Du mardi au samedi, 12h-20h
Tarif plein : 5€
Tél. 01 44 37 95 00
www.mcjp.fr
- L’expo sera présentée au musée Toulouse-Lautrec à Albi, du 29 septembre au 17 décembre 2018.