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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Andres Serrano. Panorama humain de l’Amérique

mercredi 9 novembre 2016

Du 9 novembre 2016 au 29 janvier 2017
Maison Européenne de la Photographie
5/7 rue de Fourcy – 75004 Paris
Du mercredi au dimanche, de 11h à 20h
Tarif plein : 8€
Tél. 01 44 78 75 00
www.mep-fr.org

À travers ses portraits, tirés en grand format et toujours cadrés de manière très frontale, Andres Serrano (né à New York en 1950), qui aime bousculer l’iconographie traditionnelle sur des sujets délicats ou tabous comme le racisme, le sexe, la mort ou la religion (on se souvient de son très controversé Piss Christ, une photographie d’un crucifix immergé dans un bocal d’urine), nous révèle ici un large panorama humain (américain), parfois dérangeant, parfois provoquant, mais quelque fois aussi plein d’empathie.

L’exposition que la MEP consacre à ce photographe (il préfère se dire artiste plasticien) s’ouvre sur une sélection d’œuvres de la série America, inspirée par la tragédie du 11 septembre et réalisée entre 2001 et 2004. Un regard sur l’identité américaine dans toute sa diversité : melting pot de professions, de couleurs de peau, de milieux sociaux, de religions. Donald Trump y trône (déjà) comme symbole des riches, entre une femme noire ex-modèle et droguée et une fillette blanche couronnée du titre de "Little Yankee Miss ».
Suivent des « portraits » de sa série The Klan ; des membres du Ku Klux Klan, dont on ne voit en réalité que les yeux sous ce chapeau pointu qui dissimule ces hommes blancs racistes. Des images sujettes à interprétation. « L’idée que quelqu’un puisse y voir du positif m’a fait réfléchir, mais j’ai toujours dit que mon travail est ouvert à l’interprétation. L’interprétation n’est pas quelque chose que je peux, ni ne veux contrôler », tient à rappeler Serrano.

Sont également exposées des œuvres de la série The Interpretation of Dreams tel White Nigger, surprenant homme noir et blanc. Des portraits de Native Americans, ainsi qu’un reportage sur Cuba où sa mère est née et a grandi avant d’émigrer aux États-Unis à la fin des années 1940. Lui-même n’a découvert Cuba qu’en 2012, ayant toujours vécu enfant dans la peur d’être stigmatisé parce qu’il avait du sang cubain.

La deuxième partie de l’exposition s’organise exclusivement autour de son travail sur les sans-abri. Ceux croisés dans le métro et les rues newyorkaises (Nomads et Residents of New York), ceux de Bruxelles aussi (Denizens of Brussels), trop souvent devenus invisibles aux passants que nous sommes. Des portraits d’une grande humanité, complétés ici par un mur de pancartes en carton (projet Sign of the Times) qu’Andres Serrano achetait vingt dollars aux sans abris rencontrés, après leur avoir expliqué son but : « collecter ces fragments de vie pour les mettre en espace et en faire un témoignage polyphonique de la misère de notre monde ».

Catherine Rigollet

- À voir aussi à la MEP : Johann Rousselot, Now Delhi, les Trente Désastreuses ?. Prix photo AFD / Polka 2015. Lire l’article.

Visuels : Andres Serrano, Jewel-Joy Stevens, America’s Little Yankee Miss (série America), 2001-2004 © Andres Serrano. Courtesy Galerie Nathalie Obadia Paris/Bruxelles.
Andres Serrano, Juana Rios Rios, “Juana de Cubana”, Fortune Teller (série Cuba), 2012 © Andres Serrano, courtesy Galerie Nathalie Obadia Paris/Bruxelles.