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Cécile Reims. N’être qu’un seul et être soi

mardi 13 novembre 2012

Du 8 novembre 2012 au 13 janvier 2013
Musée Jenisch
Avenue de la Gare 2 - Vevey (Suisse)
Du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h
Tél. +41 21 925 35 20
Plein tarif : 12 CHF
www.museejenisch.ch

 

- La quasi-totalité des 240 œuvres présentées dans l’exposition appartiennent au Musée Jenisch et ont été données entre 2007 et 2010 ; une collection qui accueille au total 1 145 pièces de Cécile Reims (estampes, dessins, livres et matrices).

 

- Catalogue raisonné Cécile Reims. L’œuvre gravé 1945-2011
Par Lauren Laz. Edition Musée Jenisch Vevey – Cabinet cantonal des estampes et 5 continents Milan. 327 pages, 1 464 illustrations. Format 30,5 x 23,5 cm. 86 CHF (77€).

Un an après avoir publié le catalogue raisonné de l’œuvre gravé de la grande buriniste Cécile Reims (née en 1927), le musée Jenisch à Vevey lui consacre une superbe rétrospective. Aux côtés des gravures des œuvres de Hans Bellmer, Léonor Fini, Dali et Fred Deux, l’exposition, qui fait écho à la récente entrée de la quasi-totalité de son œuvre gravé dans les collections du Cabinet cantonal des estampes, met aussi en lumière sa création personnelle : des œuvres inspirées de la nature et du fantastique.

Dès l’enfance en Lituanie, puis à Paris, à Jérusalem ou à Barcelone, Cécile Reims dessine le monde qui l’entoure. Juive, résistante pendant la guerre, partie en Palestine pour se battre puis revenue à Paris pour soigner une grave tuberculose, elle se sent le devoir de donner un sens à cette vie de rescapée. Inscrite aux cours libres de la Grande Chaumière, sa rencontre avec le graveur Joseph Hecht, maître rigoureux, lui fait découvrir le burin. Une révélation. Cet instrument exigeant, qui ne permet aucun repentir, va devenir son moyen d’expression privilégié. Elle dessine et grave le monde qui l’entoure dans Visages d’Espagne et Aube, s’inspire d’Ovide dans Les Métamorphoses. La rencontre à Paris en 1951 de Fred Deux (né en 1924), dont elle devient la compagne, lui ouvre un nouvel horizon, celui du dépassement de la réalité. Mais face à la puissance créatrice de cet artiste proche de l’univers surréaliste et perçu comme un représentant de l’art brut en France, elle mesure son « défaut d’imagination » et va se détacher de son propre travail créateur pour devenir graveur d’interprétation. En 1966, elle entame une intense collaboration avec Hans Bellmer qui « cherchait une main ». Une rencontre faite par l’intermédiaire du peintre et graveur Georges Visat, éditeur des surréalistes, qui va l’amener à graver 240 estampes, jusqu’à la mort de Bellmer en 1975. Le Coq ou la poule (1968), Analogies ou le Canapé (1968-69), Doriane ou Chapeau fille (1969), des œuvres érotiques, parfois sulfureuses, proches du fantasme ou de la fascination hallucinatoire. Mais Cécile Reims possède une étonnante capacité à oublier le sens du dessin, concentrée sur les méandres du trait de Bellmer et le regard fixé sur son burin, incisant avec virtuosité le cuivre que, de sa main gauche elle fait pivoter sur lui-même, creusant son sillon avec jouissance, recueillant dans sa paume les copeaux, « poussières brillantes que je disperserai au vent ». Elle poursuit ses collaborations, grave pour Salvador Dali de 1969 à 1988 -artiste qu’elle ne rencontrera jamais-, pour Léonor Fini de 1972 à 1995 -dont la fantaisie lui offre une aire de détente- mais aussi (dans une moindre mesure) pour Pierre Bettencourt, Fabrizio Clerici, Matazo Kayama, Stanislao Lepri, Robert Malaval, Paul Wunderlich et bien évidemment pour Fred Deux, gravant près de 400 de ses dessins. En parallèle, elle renoue avec l’inspiration personnelle en 1977. Sans doute libérée de l’emprise mentale de Bellmer, dont elle a largement contribué au succès universel sans jamais voir son propre nom mentionné, elle renaît à la création avec la série Chenille. Des œuvres inspirées d’un traité anatomique découvert au Muséum d’histoire naturelle et qui feront l’objet d’un album publié en 1986. Elle écrit aussi, comme Fred Deux avec lequel elle continue à cosigner des estampes sous le nom de « cf.deux », symbole de leur relation artistique et amoureuse fusionnelle et elle sort définitivement de l’anonymat en exposant régulièrement en France et en Europe, dans des galeries et des musées, notamment au musée Saint Roch d’Issoudun, proche de La Châtre où elle vit depuis 1985. La Bibliothèque nationale de France lui consacre une rétrospective en 2004, le musée de la Halle Saint-Pierre en 2009-2010, le musée d’art et d’histoire du judaïsme en 2011. Cécile Reims a été distinguée par le prix Maratier de la Fondation Pro-MAHJ pour l’ensemble de son œuvre qui compte 1 435 cuivres sur près de soixante années. À 85 ans, l’artiste vient d’entamer une nouvelle série dont le nom à lui-seul témoigne de la créativité intacte de l’artiste : L’élan vital.

Catherine Rigollet

Pour en savoir plus sur le musée Jenisch, son histoire et ses collections de dessins, gravures et tableaux.

Visuel : Cécile Reims d’après Fred Deux, Biographie d’un artiste, 2000, burin et pointe sèche, 416 x 358 mm. Musée Jenisch Vevey - Cabinet cantonal des estampes.