L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Des lieux de patrimoine et des maisons d’artistes à visiter. L’occasion de balades "découvertes culturelles et artistiques"
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Patrimoine

Forteresse royale de Chinon. Trois châteaux qui dominent la ville

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Comme Loches, sa voisine, la forteresse médiévale de Chinon a connu un destin royal. Dernière résidence d’Henri II Plantagenêt qui y entrepose le trésor royal, y fait construire un palais neuf au XIIe siècle et y enferme même un temps sa femme Aliénor d’Aquitaine qui a osé se rebeller contre lui, elle acquiert sa configuration définitive au temps de Charles VII. Une période décisive dans l’histoire de France. C’est en effet à Chinon que Jeanne d’Arc rencontre Charles VII, entre le 23 et le 25 février 1429 pour lui demander de lui confier une armée afin de libérer Orléans des Anglais, lui assurant qu’elle le conduira jusqu’au trône de France. Une promesse qu’elle lui réitèrera à Loches, le 8 mai de la même année, après avoir contraint les Anglais à lever le siège d’Orléans. Rappelons que depuis 1328, la guerre de Cent Ans oppose la couronne de France aux Anglais qui revendiquent l’héritage Plantagenêt.

Un site donc exceptionnel par son rôle dans l’histoire, et par son architecture. Surplombant la Vienne, la forteresse est en réalité trois châteaux qui dominent la ville. Le fort du Coudray où furent enfermés cinq grands dignitaires de l’ordre des Templiers, dont le grand maître Jacques de Molay et qui conserve sur les murs des graffiti de ces moines soldats (authentifiés par l’historienne Régine Pernoud), le fort Saint-Georges, et le château du Milieu qui abrite les logis royaux restaurés.
Au début des années 2000, le Conseil départemental de l’Indre-et-Loire, propriétaire du monument, a engagé un vaste plan de restauration et de modernisation du lieu avec des dispositifs interactifs, des films projetés dans plusieurs salles pour illustrer une période clef de l’histoire de la forteresse.

Depuis juin 2018, on y découvre notamment la chambre intime de Charles VII reconstituée. L’examen des Comptes ordinaires et extraordinaires de l’Argenterie du roi (qui mentionnent notamment des achats de mobiliers et de textiles), de peintures sur parchemin et de tableaux du XVe siècle a permis de déterminer avec précision quels étaient les meubles (coffre et lit), tissus luxueux (drap d’or qui parait le fauteuil du roi, nappe de linge d’or sur la table) et tapisseries raffinées qui habillaient la chambre. La chambre de la reine Marie d’Anjou (un peu oubliée par l’histoire malgré les treize enfants qu’elle a mis au monde) est davantage consacrée à Jeanne d’Arc, évoquée par plusieurs statues et une tapisserie représentant son entrevue avec Charles VII.

La visite se poursuit à l’extérieur où sont installés des canons utilisés pendant la guerre de Cent ans, ainsi qu’un trébuchet et une bricole, deux machines de guerre utilisées du Xe au XVe siècles. Toutes deux sont des modèles de petite taille à vocation pédagogique, pouvant être manipulés par les visiteurs, sous la conduite d’un guide.

Catherine Rigollet
photos : © L’Agora des Arts, 2018

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Ouvert tous les jours
Voir horaires sur le site
Tarif plein : 9€
Tél. 02 47 93 13 45
www.forteressechinon.fr
 
- L’art contemporain investit la forteresse, du 15 mai au 15 novembre 2018.
Dans le cadre d’Act(e)s, parcours d’art contemporain itinérant en Touraine, elle accueille des œuvres sonores immersives de Claude Alma, Henri Dutilleux, Eddie Ladoire, Benjamin L. Aman et Cécile Le Talec. Ainsi dans son Passe-Muraille (2018), installé dans la Tour des Chiens, l’artiste Claude Alma nous offre de traverser un mur d’enceinte, d’être à la fois dedans et hors les murs, de se laisser traverser par des flux de sons. On ne manquera pas dans les logis royaux, le "Panoramique polyphonique" (2011) de Cécile Le Talec. Une tapisserie sonore circulaire, aux parois tissées en double-face par l’Atelier A2 à Aubusson d’un paysage panoramique de crêtes blanches sur fond noir et dans laquelle le visiteur est invité à entrer, pour écouter dans une lumière bleutée une composition mêlant des chants d’oiseaux et le langage sifflé de l’île de la Gomera, le silbo (inscrit au Patrimoine Mondial immatériel de l’Humanité). Une très sensible évocation de ces tapisseries dont les paysages sont peuplés depuis le XVIe siècle par l’inaudible présence des oiseaux. (http://cecileletalec.com/panoramique-polyphonique.html).