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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Gerhard Richter. Rétrospective

mardi 20 mai 2014

Du 18 mai au 7 septembre 2014
Fondation Beyeler
Baselstrasse 77, CH-4125 Riehen (Bâle)
Tous les jours, de 10h à 18h
Nocturne le mercredi jusqu’à 20h
Adultes CHF 25.
www.fondationbeyeler.ch

On pourrait croire qu’il y a deux Gerhard Richter, l’un figuratif, l’autre abstrait. Mais l’artiste allemand, né à Dresde en 1932, n’a cessé d’aller de l’un à l’autre, avec une obsession : approfondir sa connaissance de la peinture et interroger le statut de l’image au sein de la peinture en réalisant des séries parallèlement à des œuvres isolées, avec la même immense maitrise technique.
Ce procédé, qui apparaît dès ses toutes premières peintures, des photos-tableaux réalisés à partir de clichés sur lesquels il peint en camaïeu de gris, trouve un prolongement dans ses œuvres abstraites, dans ses travaux utilisant miroirs et verre aussi bien que dans ses cycles récents, les Strips (2013) qui prennent pour point de départ la photo numérique d’une toile abstraite de 1990 dont des détails ont été agrandis à l’ordinateur puis réfléchis à plusieurs reprises.
Si Richter a déjà fait l’objet de rétrospectives, comme au Centre Pompidou à Paris en 2012, celle que lui consacre la Fondation Beyeler, du 18 mai au 7 septembre 2014, est la première à accorder une place de premier plan à ses séries et ses cycles et surtout à l’intégration des œuvres dans l’architecture des lieux. Une intégration que Gerhard Richter, qui s’est toujours intéressé à la présentation de son œuvre et à ses rapports à l’architecture, a lui-même assurée dans les salles lumineuses et ouvertes sur la nature de la fondation Beyeler dessinée par l’architecte Renzo Piano qu’il admire.

En tandem avec le commissaire Hans Ulrich Obrist, son ami depuis près de 30 ans et fin connaisseur de son œuvre, Richter a aussi souhaité placer dans chaque salle un petit tableau « contrepoint » pour « casser l’hermétisme de l’accrochage, instaurer une tension entre une œuvre singulière et une série », souligne Obrist. Parmi ces contrepoints, des toiles qui ont acquis un caractère emblématique, comme Eisberg im Nebel (Iceberg dans la brume) de 1982, Betty de 1988, Lesende (Femme lisant) de 1994 ou Fence (Barrière) de 2008. Pas de parcours chronologique, mais une libre déambulation du visiteur à travers toutes les séries d’une grande variété thématique et stylistique, des œuvres figuratives à partir de photos, aux grands tableaux colorés, en passant par les compositions générées par ordinateur et les surfaces monochromes.

Exceptionnellement réunie, la série de L’Annonciation d’après Titien de 1973 est née du rêve de Richter de posséder ce tableau. Il l’a donc photographié, peint et décliné plusieurs fois dans une abstraction croissante. Également présente, la suite 18 octobre, 1977, peinte en 1988 et consacrée à la mort en prison du groupe Baader-Meinhof. On peut voir aussi les trois immenses tableaux Novembre, Décembre, Janvier, réalisés en 1989. Travaillés avec un racloir métallique, ils produisent des effets de matière entre le ruissellement de l’eau sur une vitre embuée et la rugosité d’une écorce d’arbre. Ce qui nous amène au cycle des Wald (Forêt, 2005), ces grandes toiles abstraites que Richter a imaginées comme l’expérience naturelle de pouvoir se perdre ou se cacher dans forêt. « Un beau thème romantique », selon l’artiste pour qui être désemparé est le grand sujet ou la principale motivation qui l’incite à peindre ou qui accompagne son travail. Est-il aussi désemparé lorsqu’il écoute de la musique ? Ainsi serait née la série Bach en 1992, puis Cage en 2006, en hommage à la musique de ces compositeurs qu’écoutait souvent Richter en travaillant sur ces séries. Elles ont été peintes simultanément, pour mieux les fondre au sein d’un même espace pictural, élargi. Un processus que Richter adopte pour toutes les peintures abstraites et qu’il explique : « qu’il y en ait trois ou douze, les tableaux sont tous élaborés en même temps, chacun se trouve à chaque moment au même degré d’avancement. Et tout changement sur une des toiles entraîne un changement sur les autres. Jusqu’à ce qu’ils soient tous finis d’un seul coup. »

Catherine Rigollet

Gerhard Richter, Bach (1), 1992. Huile sur toile, 300 cm x 300 cm. Moderna Museet, Stockholm, Acquisition 1994 with a contribution from The Friends of Moderna Museet © 2014. G.R
Gerhard Richter, Verkündigung nach Tizian, 1973 (Annonciation d’après le Titien). Huile sur toile, 125 cm x 200 cm. Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington D.C., Joseph H. Hirshhorn Purchase Fund, 1994 © 2014 G.R