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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Jean-François Rauzier. Arches

lundi 28 janvier 2013

Du 26 janvier au 1er avril 2013
Palais des arts et du festival
Ouverture de 14h à 18h30, tous les jours sauf le lundi
Plein tarif : 3€
www.ville-dinard.fr

 

- A voir aussi à Dinard, labellisée Ville d’art et d’Histoire :
Près de 407 villas protégées construites au tout début du siècle, à la Belle Epoque. Les châteaux du bord de mer, dont le château des deux rives, le château Hébert sur la pointe de la goule aux fées à Saint-Enogat et le château de Port breton. Le patrimoine médiéval illustré par le prieuré des Trinitaires, fondé en 1324 par les frères Geoffroy et Olivier de Montfort. Le patrimoine Renaissance illustré par la maison dite du Prince Noir. Les plages de cette station balnéaire réputée depuis le 19e siècle. Les galeries et ateliers d’artistes.
Ze Art Galerie (face au Casino) expose notamment en permanence les œuvres de la sculptrice sur bronze Virginie Bassetti, à qui l’on doit la décoration de huit cloches commandées pour les 850 ans de Notre Dame de Paris et fondues à Villedieu-les-Poêles.

- Pour suivre les expositions et les événements à Dinard : un petit site associatif bien informé :
www.agendaou.fr

Dinard accueille Arches, épopée « rétro-futuriste » du photographe Jean-François Rauzier. Cette exposition inédite en quarante Hyperphotos, des vidéos, une œuvre sculpturale monumentale, des photos historiques retouchées et détournées est une invitation à embarquer sur les traces de Noé et de l’Arche de la Genèse dans une grandiose utopie. Préparez votre passeport qui vous sera demandé à l’entrée par une double rangée de gorilles.

Avec une mégalomanie aussi créative qu’utopique, Jean-François Rauzier a inventé le concept d’hyperphoto en 2002, créant des univers urbains fantastiques en vision panoramique, comme ces Outremondes exposés en 2010 au Musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt.. Pour chaque hyperphoto, Jean-François Rauzier utilise des centaines de photos prises au téléobjectif, en très haute définition, puisées dans son recueil d’images glanées aux quatre coins de la planète, puis les assemble par ordinateur. Un travail de titan pour immerger le spectateur dans une image monumentale (180 x 300 cm), d’une netteté optimale et qui fourmille de détails. Des photos tirées pour certaines avec le procédé Duratrans (caisson lumineux), renforçant l’irradiation des couleurs.
En utilisant toujours ce même procédé de l’hyperphoto, mais sortant de son égocentrisme pour se tourner avec empathie vers l’humain, Jean-François Rauzier nous livre en 2013 une incroyable épopée photographique, entre réalité et fiction dans laquelle on retrouve de nombreuses références au cinéma, à la littérature (Borgès) et surtout à la BD (Schuiten et Miazaki).
L’histoire que l’on suit à travers les photographies de Arches est celle de Jules-Ferdinand Rie Azur, alter égo de Jean-François Rauzier et dont le nom est une combinaison en anagramme du sien. Un touche-à-tout de génie, mathématicien-poète-visionnaire, qui s’est mis dans la tête de créer des arches pour sauver une partie de l’humanité en cas de cataclysme majeur. « Avec ce nouvel avatar, Rauzier a inventé une histoire faussement documentaire pour dire la vérité qu’il recherche » commente « Ashok Adicéam, commissaire de l’exposition. Et le visiteur va donc suivre les aventures en noir-et-blanc de Rie-Azur en contrechamp du voyage en hyperphotos couleurs de Rauzier.
Tels d’immenses vaisseaux de verre et de métal flottants dans un ciel limpide, ces constructions futuristes sont sensées emporter le meilleur du monde (spiritualité, architecture, littérature, peinture, sculpture, etc.) et tout le patrimoine biologique, notamment d’indispensables papillons pollinisateurs. Une histoire d’exode massif, en référence à Noé et à l’Arche de la Genèse. Truffées de personnages photographiés à travers le monde (sur les marchés, dans les rues, sur les chantiers du bâtiment, sur les plages, etc.), puis détourés et assemblés, ces photographies qui puisent dans le réel dégagent une atmosphère de rêve surréaliste. Un effet qu’amplifie ce personnage à la Magritte ou à la Folon, représenté de dos, manteau et chapeau noir, que l’on retrouve au fil du récit, jusqu’à la question cruciale. Ces arches utopiques, où tout n’est que végétation luxuriante et rêve de bonheur sauront-ils ne pas reproduire le pire, ce que l’espèce humaine ne cesse de répéter : l’exploitation de l’homme par l’homme, la barbarie, les excès de l’urbanisation, la mal bouffe, la surconsommation, etc ? En clair, le salut viendra-t-il par l’élévation, s’interroge Rauzier dans ces allégories, soulignant que « le ciel est un point de fuite ». C’est ce qu’évoquait déjà, à l’entrée du Palais des Arts de Dinard, face à la mer, cette échelle de bambous, légère, poétique et évocatrice d’un retour à la nature. C’est ce que suggère aussi l’épilogue, une dernière photographie montrant l’artiste face à un mur de gorilles singeant des présentateurs télé et à des citations du Contrat social de Rousseau, soulevant l’éternelle question de la solitude de l’homme face à ses tourments, et à ses espoirs.

Dinard, qui s’est lancé avec succès depuis 2009 dans l’organisation de grandes expositions d’art contemporain, poursuit en 2013 dans la même veine avec Arches de Jean-François Rauzier qui fera date. Une exposition « rétro-futuriste » comme la définit l’artiste, qui ouvre donc de manière très à propos la célébration des 1 500 ans de Dinard depuis sa fondation par le Roi Arthur.

Catherine Rigollet

Visuels : Arches unies de Pentagonie, 2012, Tirage photographique, 180 x 300 cm.
Mille marches, 2012, Tirage photographique, 150 x 250 cm.
Bâtisseurs, 2012, Tirage photographique, 150 x 250 cm.
Crédit photo Jean-François Rauzier