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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Marc Chagall. Les sources de la Musique

lundi 2 novembre 2015

Du 24 octobre au 31 janvier 2016
La Piscine,
23 rue de l’Espérance - 59100 Roubaix
Du mardi au jeudi, de 11h à 18h
Vendredi, de 11h à 20h
Samedi et dimanche, de 13h à 18h
Fermé le lundi
Entrée : 10€
www.roubaix-lapiscine.com

 

- Une version restreinte de l’exposition sera proposée au Musée Marc Chagall de Nice en mars 2016, et une version enrichie de nouveaux prêts sera montrée au Musée des beaux-arts de Montréal en janvier 2017.
- Avoir et à écouter : "Marc Chagall : Le triomphe de la musique". Philarmonie à Paris, jusqu’au 31 janvier 2016. En savoir plus.
- Les Carrières de Lumières (Les Baux-de-Provence), présente "Chagall, songes d’une nuit d’été", une exposition multimédia projetée sur les 4000m² des Carrières. Durée du spectacle 40 minutes.
Du 4 mars 2016 au 8 janvier 2017. http://carrieres-lumieres.com

Derrière la façade transparente du Lincoln Center de New York, on aperçoit deux fresques de Marc Chagall (1887-1985) datant de 1966. À gauche, Le Triomphe de la Musique. À droite, Les Sources de la Musique. (Les fresques servent de garantie depuis quelques années à un prêt contracté par le Met pour éponger ses déficits). La Philharmonie de Paris et la Piscine de Roubaix ont repris ces deux titres pour leur projet commun d’exploration de la musique dans l’univers pictural de l’artiste russe naturalisé français à l’âge de 50 ans. (L’exposition de la Philharmonie, Le Triomphe de la Musique, visible jusqu’au 31 janvier 2016, fera l’objet d’un article ultérieur.)

Commissaire de la superbe exposition de Roubaix, Bruno Gaudichon réintroduit la notion de « musicalisme », telle que l’avait définie l’artiste Henri Valensi dans les années 1930. Après une succession d’arts dits prédominants dont les matières acquéraient au fil des siècles une plus grande légèreté –architecture, sculpture, peinture, littérature –, la musique qui est « science, rythme et dynamisme » devient l’art prédominant du 20ème siècle, forçant les autres formes d’art à se « musicaliser ». Ainsi en est-il de la peinture de Chagall.

Cette « musicalisation » de la peinture permet d’aller plus loin dans l’interprétation des 200 œuvres, au-delà des représentations de musiciens (un violoniste, menton sur son instrument, est une figure récurrente), d’instruments, d’événements où la musique est présente, nombreuses et évocatrices. Dès même ses autoportraits, Chagall, mélomane par ailleurs, nous fait entendre les sons des instruments, dispose les objets comme sur une portée (L’homme à l’oiseau, 1917). Une résonance qui se prolonge dans les portraits de sa famille, juive, musicienne (captivant portrait de son jeune frère dans David à la mandoline, 1914), et dans celui de sa première épouse, Bella. Les rites et coutumes, russes et hassidiques, et l’Ancien Testament nourrissent à leur tour la musicalité de la peinture de Chagall, dans ses thèmes et ses compositions. Ou encore la passion fusionnelle qui l’attachait à Bella, traduite dans Amoureux en gris, 1916-17 et Amoureux en vert, 1916-17. Sur les toiles, les personnages, les animaux s’envolent comme des notes, les mains et les visages se tendent vers les instruments, et les couleurs s’orchestrent comme sous la baguette d’un chef.

Hors le russe et le yiddish, Chagall parle le français. Ceci lui permet d’illustrer les Fables de La Fontaine, travaillant à l’aquarelle et la gouache pendant que Bella lui lit les textes. Sept de ces illustrations figurent sur les cimaises.
Au fur et à mesure que ses toiles se complexifient, que sa palette s’assombrit, alors qu’il dénonce la barbarie humaine, le génocide juif, leur composition devient symphonique (couleurs) en même temps que lyrique (les voix des instruments de musique) et truffée de symboles, telle que dans La chute de l’ange, 1923-33-47. Mais c’est avec le vitrail que le peintre offrira sa plus parfaite symbiose de la couleur et de la musique comme on le voit avec les maquettes pour les vitraux de la synagogue de l’hôpital Haddassah de Jérusalem. Une coda d’une luminosité sans égale pour cette symphonie visuelle, qu’il faut prendre le temps d’écouter.

Elisabeth Hopkins

- Catalogue : Chagall et la Musique, couvrant les deux expositions. 360 pages, richement illustré. Éditions Gallimard. 45€.

 

- À voir aussi à La Piscine, du 24 octobre 2015 au 31 janvier 2016 : l’exposition des œuvres sur papier de Mahjoub Ben Bella. Lire l’article.

Visuels : Marc Chagall (1887-1985), L’homme à l’oiseau, 1917. Mine graphite, peinture à la colle, gouache sur papier d’emballage brun collé sur carton (18,5 x 14,5 cm). Paris, Musée national d’art Moderne © Centre Pompidou, MnaM-CCi, dist. RMN-grand Palais / Philippe Migeat © Adagp, Paris 2015 – Chagall®
Marc Chagall (1887-1985), David à la mandoline, 1914. Huile sur papier marouflé sur carton (50 x 37,5 cm). Collection particulière. © adagp, Paris 2015 – Chagall ®