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Marie-Pierre Thiébaut. L’empreinte de la nature

dimanche 4 novembre 2012

Commissariat de Sophie Cazé et Alexandrine Monnier
Du 20 octobre au 30 décembre 2012
Musée de l’Hospice Saint-Roch - 36105 Issoudun
Mercredi au vendredi de 14h à18h, samedi et dimanche de 10h à 12h et 14h à 18h
Entrée gratuite
Tél. 02 54 21 01 76
www.issoudun.fr

 

- Catalogue. Éditions du musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun. 120 pages, 200 photographies. Prix : 28 euros.

 

- À voir aussi au musée de l’Hospice Saint-Roch :
Anton Prinner. Sculptures, peintures, gravures.
Du 20 octobre au 30 décembre 2012.

« Je veux dessiner sans crayon, sans rien, en mouillant le papier et en le froissant » disait Marie-Pierre Thibaut (1933-2010) en parlant de ses Plissures. Un an après sa mort, le musée de l’Hospice Saint-Roch reçut en don 200 œuvres de l’artiste : ces fameuses Plissures, mais aussi des sculptures, des empreintes et des imprégnations sur papier ou tissu. Des travaux dans lesquels la nature est omniprésente, héritage d’une enfance lorraine marquée par le contact physique avec l’eau, une rivière bordée de grands peupliers dans laquelle elle se baignait avec son père. À la question de ce qu’elle souhaiterait faire plus tard, sa réponse était : « devenir un peuplier ». Épouse du peintre Charles Pierre-Louis (1920-1992), elle étudie auprès du sculpteur Ossip Zadkine puis collabore avec l’architecte Fernand Pouillon, créant pour lui des claustras et des portes pour de grands hôtels qu’il construit en Algérie. En 1968, elle s’installe définitivement à Gordes, dans le Vaucluse. Ses bronzes de 1972, « Paysages-sculptures », sont encore figuratifs. Puis, la nature inspiratrice devient le lieu où elle cueille les éléments composant ses sculptures. Elle enserre des bambous dans du ciment (Nuages, 1976), juxtapose granit, marbre et bois (Végétal n°3, 1988), magnifie des branches de cade, bois parfumé et dur, en les écorçant puis les peignant en bleu ou en blanc (Arbre bleu, vers 1988) ; deux couleurs très lumineuse, à connotation sacrée pour elle. Elle sacralise les bois ramassés en bâtissant autour d’eux des Reliquaires vers 1990-1992, enserrant dans des cubes de verre écorces d’arbre, bois calciné ou branche dont la coupe est dorée à la feuille et les posant sur un socle de terre crue, ornée d’empreintes de branches. Face à la déforestation, le Reliquaire devient une référence à la nature disparaissant dont elle conserve les traces, tel le reliquaire du Moyen-âge recélant les ossements d’un saint. Fascinée par le papier, elle abandonne en 1995 la sculpture pour ce nouveau support sur lequel elle laisse les empreintes de ses doigts (Taxinomies), seins, ventre, paumes. Maurice Benhamou parlera de « sculpture plate » ; la terre comme matériau et le corps de l’artiste comme outil. Ce dialogue avec ce support se poursuit dans les Imprégnations, lorsqu’une feuille ou un tissu trempé dans de l’eau, puis mélangée à de la terre, de l’encre de Chine ou des pigments de couleur en conserve des traces, comme des paysages. Étrangement, ce travail se rapproche de la dendrite, une technique consistant à retoucher au pinceau une forme abstraite obtenue en projetant des pigments sur un papier et à laquelle s’adonnait aussi George Sand lorsqu’elle séjournait à Nohant, village voisin de quelques kilomètres d’Issoudun.
« Tout l’art consiste à faire quelque chose de rien » écrivait Thiébaut. De la terre, du bois, du plâtre, du ciment, de la feuille, de ce lien physique avec ces matériaux surgit une œuvre sensuelle et troublante présentée au musée d’Issoudun, seule institution en France où ce travail soit visible.

Gilles Kraemer

Visuel : Marie-Pierre Thiébaut, Paysage de montagne (20 éléments), 2009. Imprégnation de pigment bleu de Prusse sur tarlatane (26 x 26 cm chaque élément). © Droits réservés - Collection musée de l’Hospice Saint-Roch, Issoudun. Don Michelle Porte