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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos en Europe > Archives expo en Europe > Gauguin. Rétrospective 2015 Fondation Beyeler > Paul Gauguin. De Pont Aven à Tahiti

Paul Gauguin. De Pont Aven à Tahiti

jeudi 12 février 2015

Du 8 février au 28 juin 2015
Fondation Beyeler
Baselstrasse 77 – CH 4125 Riehen
Tous les jours, de 10h à 18h
Le mercredi, jusqu’à 20h
Tarif plein : CHF 28-
Tel. +41 (0)61 645 97 00
www.fondationbeyeler.ch

 

Beau catalogue (en français) sous la direction de Raphaël Bouvier et Martin Schwander, commissaires de l’exposition. Introduction de Sam Keller, directeur de la fondation Beyeler.

 

- A voir aussi à la fondation Beyeler jusqu’au 22 mars 2015 : Peter Doig.

De Pont-Aven à Tahiti

Quand te maries-tu ? Ce tableau (voir ci-contre), exposé jusqu’au 28 juin 2015 dans la très réussie exposition Paul Gauguin à la Fondation Beyeler est devenu célébrissime le samedi 7 février 2015. Vendu 300 millions de dollars par son propriétaire suisse, Rudolf Staechelin qui l’avait laissé en dépôt au KunstMuseum de Bâle depuis près d’un demi-siècle, Nafea faaipoipo (en maori), devenu le tableau le plus cher du monde, s’envolera pour le Qatar une fois les portes de l’exposition refermée. Gauguin l’a peint en 1892, lors de son premier voyage à Tahiti. Un vieux rêve qu’il va enfin concrétiser. « Je pars pour être tranquille, pour être débarrassé de l’influence de la civilisation. Je ne veux faire que de l’art simple », écrit-il en 1891.

Après son séjour à Arles avec Van Gogh, qui s’est soldé par un échec, Gauguin s’est d’abord rendu en Bretagne. Il y met au point son style personnel, ce « synthétisme » constitué de couleurs pures et contrastées, de formes simplifiées et en aplats souvent proches de l’esthétique japonaise (Le Christ jaune, La perte du pucelage). Toutefois, Gauguin qui peint des paysages et des figures tirés de la nature, mais en les réinventant, les chargeant de symbolisme, les floutant jusqu’à les rendre abstraits dans le lointain, cherche toujours plus d’authenticité et de liberté. « L’artiste doit être libre ou il n’est pas artiste » écrit celui qui a laissé sa femme Mette et leurs cinq enfants à Copenhague ; à charge pour cette dernière de vendre ses toiles. Cultivant son côté bohème et marginal (Bonjour monsieur Gauguin), son profil « d’Inca » hérité de son illustre grand-mère franco-péruvienne, l’écrivain féministe Flora Tristan, Gauguin reste assoiffé de voyages, d’aventures et rêve de trouver au milieu du Pacifique un paradis tropical intact, « une nature vierge ». Quand il débarque à Tahiti en juin 1891, il a alors 42 ans, à peine dix ans de carrière artistique derrière lui et souhaite mener une vie simple et primitive.

Le rêve brisé des Tropiques

S’il y peint des œuvres célébrant tout à la fois la splendeur de la nature, l’apparente insouciance des habitants, la beauté et la sensualité des corps des jeunes tahitiennes, il est finalement loin du naturalisme et plus proche d’un symbolisme mallarméen, en quête de mystère, de spiritualité et d’universalité qu’illustre pleinement D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? (1897/98), un long tableau qui se lit de droite à gauche, de la naissance à la mort. Finalement, les Tropiques vus par Gauguin s’avèrent plutôt tristes, les femmes y sont souvent boudeuses ou mélancoliques, l’avenir incertain. Y est vrai que la santé mentale et physique de l’artiste décline dangereusement. Gauguin est en but à de continuels soucis d’argent (malgré l’aide du marchand Vollard), boit exagérément, souffre de la syphilis et d’eczéma…Son départ en 1901 pour les Marquises, qui passent pour plus sauvages encore que Tahiti, ne comble pas ses désillusions et déconvenues. Il y travaille moins, mais peint toutefois ses toiles les plus magnifiques, les plus nostalgiques et les plus intrigantes : La femme à l’éventail (décoré d’une cocarde tricolore), et surtout Baigneurs et Cavaliers sur la plage, deux tableaux immergés dans le rose, mais au ciel menaçant. Gauguin meurt le 8 mai 1903, à 54 ans, à Atuona sur l’île d’Hiva Oa, où sa tombe se trouve encore aujourd’hui.

Centrée sur la période de maturité de Gauguin : la Bretagne où il a trouvé son propre langage pictural et Tahiti ce rêve d’exotisme et de liberté accouché sur des toiles qui ont fait sa popularité et influencé de nombreux artistes, cette exposition exceptionnelle rassemble une cinquantaine d’œuvres appartenant aux plus grandes collections mondiales, dont certaines rarement vues. Elle fait dialoguer en permanence ses peintures et ses sculptures totémiques, suivant en cela l’ambition de Gauguin qui tout au long de sa carrière a mené de front plusieurs techniques et différents médiums.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Paul Gauguin, Nafea faaipoipo, 1892. Quand te maries-tu ? Huile sur toile, 105 x 77,5 cm. Collection Rudolf Staechelin. Photo : Kunstmuseum Basel, Martin P. Bühler.
Paul Gauguin, Femme à lʼéventail, 1902. Huile sur toile, 91,9 x 72,9 cm. Museum Folkwang, Essen. Photo : © Museum Folkwang, Essen.
Visuels page d’accueil : Paul Gauguin, Autoportrait à la palette, vers 1893/94. Huile sur toile, 92 x 73 cm. Collection particulière.