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Expo à Paris

Pissarro, le premier des impressionnistes

Camille Pissarro (1830-1903) bat quelques records, y compris celui d’être à l’honneur dans trois expositions qui lui sont consacrées à Paris et en région parisienne en ce début d’année (à voir bientôt : Pissarro à Eragny, au Musée du Luxembourg, à partir du 15 mars ; et Camille Pissarro, impressions gravées, au Musée Tavet-Delacour, à Pontoise, à compter du 19 mars). Le plus âgé des Impressionnistes, il fut le seul à participer aux huit expositions impressionnistes dans le dernier quart du 19ème siècle. Et sa correspondance, fournie, occupe cinq volumes.

Cette exposition monographique documente le parcours créatif du peintre, des paysages égayés par une présence humaine aux portraits et aux séries urbaines, de l’impressionnisme au néo-impressionnisme, et l’utilisation de techniques diverses, peinture au pinceau ou au couteau, et gouache.

Lorsque Pissarro quitte les Antilles danoises pour s’installer à Paris en 1855, il se passionne pour le plein air et le paysage, comme les futurs impressionnistes, et s’inspire de Corot et Daubigny. Dix ans plus tard, il élimine le noir, le bitume, la terre de Sienne de sa palette pour peindre la clarté, la lumière, les reflets. L’une de ses toiles, Gelée blanche à Ennery, 1873, à la première exposition impressionniste de 1874, crée un vrai tollé. Ni le sujet ni les couleurs ne plaisent, et un critique va jusqu’à parler de “grattures de palette posées sur une toile sale”. Des portraits, des scènes de marché s’ensuivent, jusqu’à son installation à Eragny-sur-Epte en 1884, où il ne prête plus attention “qu’au temps, aux nuages, au soleil…”, adoptant pour un temps, après avoir vu La Grande Jatte de Seurat, le style néo-impressionniste. On en voit un exemple avec une toile prêtée par le musée Ohara au Japon, La cueillette des pommes, 1886. Ce seront ensuite les toiles portuaires à Rouen et urbaines à Paris que son galeriste Paul Durand-Ruel commence à bien vendre, aux Américains surtout. Suite à une affection des yeux, Pissarro travaillera derrière une fenêtre jusqu’à sa mort, en hauteur, donnant couleur à la turbulence de la vie de la rue avec ses véhicules et ses passants, et jouant avec les variations lumineuses sur les bâtiments.

Avec ses scènes pastorales, Pissarro reste le peintre d’une France profonde et tranquille, avec ses scènes urbaines, il est le peintre de l’agitation des hommes dans une architecture sereine et lumineuse.

On quitte cette exposition charmé, mais pas forcément ébloui.

Elisabeth Hopkins

A voir aussi :
- Pissarro à Eragny. La nature retrouvée au Musée du Luxembourg, du 16 mars au 9 juillet 2017. Lire l’article de Jean-Michel Masqué.
- Camille Pissarro, impressions gravées, au Musée Tavet-Delacour, à Pontoise, du 19 mars au 11 juin 2017.

Visuels page expo : Camille Pissarro, Le Jardin de Maubuisson, Pontoise, vers 1867. Huile sur toile, 81,5 x 100 cm. Prague, Národní galerie v Praze. Photograph @ National Gallery in Prague 2017.
Camille Pissarro, Jeune Paysanne au chapeau de paille, 1881. Huile sur toile, 73,4 x 59,6 cm. Washington, National Gallery of Art – collection Ailsa Mellon Bruce © Courtesy National Gallery of Art, Washington.
Camille Pissarro, Gelée blanche à Ennery, 1873. Paris, musée d’Orsay, legs d’Enriqueta Alsop, au nom du docteur Eduardo Mollard, 1972 – Photo © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski.

Archives des expos à Paris
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Du 23 février au 2 juillet 2017
Musée Marmottan-Monet
2, rue Louis-Boilly - 75016 Paris.
Du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h
Fermé le 1er mai
Plein tarif : 11€
www.marmottan.fr