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Expo à Paris

Rodin (1840-1917) : l’exposition du Centenaire

À l’occasion du centenaire de la mort d’Auguste Rodin (1840-1917), le musée Rodin et la Réunion des musées nationaux Grand Palais s’associent pour célébrer l’artiste. L’exposition met en évidence l’univers créatif de Rodin, ses rapports avec le public et la manière dont les sculpteurs se sont approprié son esthétique.

Dès l’entrée, une question se pose : cette exposition du centenaire va-t-elle être provocante, comme cette juxtaposition du Penseur de Rodin et de ce bonhomme de bronze (Volk Din Zero, 2009) de Georg Baselitz que l’on dirait grossièrement taillé à la hache ? Ou classique comme ce rapprochement entre le même Penseur et le Jeune Homme Assis, 1916-17 de Wilhelm Lehmbruck ? Car cette sage mise en scène d’environ 200 œuvres de Rodin, mort en 1917 à l’âge de 77 ans, des plus connues (L’Âge d’airain, 1877 ; St Jean Baptiste, 1880 ; Fugit Amor, avant 1887 ; La Cathédrale, 1908) aux fragmentations et dessins, est enrichie par des dizaines de sculptures et œuvres sur papier d’artistes qui expérimentent et créent à partir des procédés de Rodin.

Alors que la peinture, la littérature, la musique se renouvellent dans la deuxième moitié du 19ème siècle, la sculpture peine à se libérer des normes classiques. Rodin, refusé aux Beaux-Arts, se sent toute liberté pour réinventer le medium, et s’essaie à la fragmentation, l’assemblage et le collage.
On le découvre ici sous trois facettes : sculpteur expressionniste, expérimentateur et artiste influent dont les artistes d’alors et d’aujourd’hui s’approprient l’œuvre. Sont aussi exposés ses dessins noirs, inspirés par L’Enfer de Dante, dans lesquels on retrouve les formes sculptées de La Porte de l’Enfer ; ses formes de plâtre qu’il recompose ou démantèle sans cesse et des photos. Car Rodin faisait photographier ses œuvres en gestation, et les retouchait pour mieux suivre son développement. C’est ainsi qu’à l’exposition de l’Alma en 1900, en marge de l’Exposition universelle, une clientèle internationale se presse devant ses sculptures, ses petits assemblages de plâtre, ses dessins et les photos retouchées.
Le parcours est ponctué par les œuvres de ses contemporains, tel Bourdelle qui fut l’un de ses plasticiens ou le Croate Ivan Mestrovic ; à ses encres et gouaches répondent des œuvres beaucoup plus tardives, voire contemporaines. Giacometti, Henry Moore, Willem de Kooning. Après le second conflit mondial, les sculpteurs reviennent à la figuration, au corps en mouvement (Walking Man, 1995, de Thomas Houseago), au fragment de corps (Blind Portrait 2 de Sui Jianguo), puis l’imagination prend le dessus (Feeling material IV, 2003 d’Antony Gormley). Est-il alors justifié d’y voir encore l’héritage de Rodin ?

Une exposition qui fera pour un temps concurrence au Musée Rodin, sauf si l’on est tenté par la confrontation des travaux du sculpteur et d’Anselm Kiefer.

Elisabeth Hopkins

Visuels : Auguste Rodin, Nu féminin se penchant hors d’un vase antique de forme globulaire, 1895-1910, plâtre et terre cuite ; 17,7 x 17,8 x 23,8 cm, Paris, musée Rodin. Donation Rodin, 1916, © Musée Rodin (photo Christian Baraja).
Antony Gormley, Feeling Material IV (Sentiment matériel IV), 2003, acier, 208 x 60 x 60 cm Coll. Particulière. Photo E.H.

Archives des expos à Paris
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Du 22 mars au 31 juillet 2017
Galeries nationales du Grand Palais
3, av du Général Eisenhower- 75008
Dimanche, lundi et jeudi, de 10h à 20h
Mercredi, vendredi et samedi, de 10h à 22h
Fermé le mardi.
Tarif plein : 13€
www.rodin100.org