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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Sorolla, un peintre espagnol à Paris

mardi 19 juillet 2016

Du 14 juillet au 6 novembre 2016
Musée des Impressionnistes
99, rue Claude Monet – 27620 Giverny
Tous les jours, de 10h à 18h
Tarif plein : 7€
Tél. 02 32 51 94 65
www.mdig.fr

Une immense voile blanche inondée de reflets de lumière occupe la presque totalité du tableau (222 cm x 300 cm). Abrités par une tonnelle fleurie qui laisse filtrer quelques raies de soleil, sept femmes et hommes s’affairent au sol à coudre la voile. Derrière eux, par une porte restée entrouverte, on distingue un horizon écrasé de chaleur, plage ou océan…Cousant la voile (1896) est l’un des chefs-d’œuvre du peintre espagnol Joaquim Sorolla (1863-1923). L’un des tableaux phares de l’exposition que lui consacre le musée des Impressionnistes de Giverny. Une exceptionnelle opportunité (après l’exposition au Petit Palais à Paris, en 2007, lors de la belle confrontation de Sorolla avec Sargent, un autre prodigieux interprète de la lumière), d’admirer une cinquantaine de peintures provenant du Museo Sorolla de Madrid et de collections publiques et privées, américaines ou européennes. En effet, les œuvres de Sorolla sont rares dans les musées français, à quelques exceptions près comme Le Retour de la pêche acquise par l’État français en 1895 et conservée au musée d’Orsay.

Composée principalement autour de toiles que l’artiste présenta en juin 1906, lors de sa première exposition individuelle à Paris, dans la galerie de Georges Petit et qui conforta sa notoriété (il y présenta 497 œuvres et en vendit 65), l’exposition de Giverny aborde les thèmes emblématiques du peintre, notamment les bords de mer, l’un de ses motifs de prédilection qu’il soit dans sa ville natale de Valence (Pêcheurs valenciens, 1895), en villégiature à Jávea (Le Bateau blanc, 1905), ou à Biarritz (Instantané, 1906).

Il faut reconnaître que Sorolla n’a pas son pareil pour représenter les femmes en robes claires voletant au vent sur la plage, le corps nus des enfants se baignant, le retour des pêcheurs, avec une touche d’une grande maturité, un goût prononcé pour le blanc qu’il éclabousse de jaune, de violet et de mauve, un talent proche de celui de Monet pour rendre les reflets et la diffraction de la lumière sur le clapotis de l’eau ; la technique parfois dominant le sujet. S’il ne se considère pas impressionniste, le qualifiant même dans les années 1890 « d’invasion de fainéants », Sorolla pratique toutefois une peinture sur le motif, s’intéresse au paysage, portraitise son épouse Clothilde et ses trois enfants en plein air, peint les scènes de baignade et de loisirs avec un naturalisme très proche de l’image photographique. Et de Vélazquez, qu’il admire et copie au début de sa carrière, Sorolla finira par dire du maître espagnol qu’il est « le premier, le suprême impressionniste ».

Peignant sur le motif partout où il se trouve, Sorolla a réalisé près de 2000 études (moments de vie quotidienne, paysages, barques, ou simples vagues), souvent sur de très petits formats. Des « taches » ou « notes de couleur », comme il les appelle, qui lui servent d’aide-mémoire ou d’ébauches pour certaines de ses grandes toiles comme ce très singulier Triste héritage (1899) représentant des petits orphelins handicapés se baignant sur une plage de Valence, mais aussi pour le simple plaisir de peindre. Une cinquantaine d’esquisses est présentée en fin de parcours. Des œuvres en soi, au pinceau virtuose et à la palette riche et contrastée. Et l’on comprend pourquoi l’artiste, qui les exposait lors des grandes expositions internationales, en vendait beaucoup.

Catherine Rigollet

 

- Cette exposition, qui s’inscrit dans le cadre du Festival Normandie Impressionniste 2016, est organisée en collaboration avec la Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung de Munich et le Museo Sorolla de Madrid.

- L’important catalogue édité à l’occasion de cette exposition reproduit toutes les œuvres présentées, en pleine page. Sous la direction de Blanca Pons-Sorolla, arrière-petite-fille de Joaquim Sorolla et Maria López Fernández, historienne de l’art. Co-édition Editions El Viso et Himmer Verlag. 248 pages. 29€

Visuels : Joaquim Sorolla, Cousant la voile, 222 x 300 cm. Venise, Fondazione Musei Civici di Venezia, Museo Correr, Galleria Internazionale d’Arte Moderna di Ca’Pesaro. Venise, 2015. Photo : Archive Fondazione Musei Civici di Venezia.
Joaquim Sorolla, Retour de la pêche : halage de la barque, 1894. Huile sur toile, 265 x 403,5 cm. Paris, musée d’Orsay. RMN-Grand Palais / Photo Gérard Blot/Hervé Lewandowski.
Joaquim Sorolla, Pêcheurs valenciens, 1895. Huile sur toile, 65 x 87 cm. Collection Broere Charitable Foudation. ©Courtesy Collection Broere Charitable Foudation.
Joaquim Sorolla, Instantané. Biarritz, 1906. Huile sur toile, 62 x 93,5 cm. Madrid, Museo Sorolla. ©Madrid, Museo Sorolla.
Joaquim Sorolla, Le Bateau blanc, 1905. Huile sur toile, 105 x 150 cm. Collection particulière. ©Madrid, avec l’aimable autorisation de Blanca Pons Sorolla.