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Street generation(s) : 40 ans d’Art Urbain

mercredi 5 avril 2017

Du 31 mars au 18 juin 2017
PROLONGATION JUSQU’AU 9 JUILLET
La Condition Publique
Place Faidherbe – 59 100 Roubaix
Du mercredi au dimanche, de 13h à 19h
Tarifs : 5/3€, gratuit pour les moins de 18 ans
www.+33 (0)3 28 33 48 33

 

Visuels : Crash. Bombe aérosol, intervention in situ, La Condition Publique, Roubaix, 2017.
Shepard Fairey (Obey), Sans titre, 2006. Technique mixte sur panneaux de bois, 330 x 600 cm. Collection privée
YZ, Encre de chine sur bois, objets de récupération. Intervention in situ. La Condition Publique, Roubaix 2017. Photos : L’Agora des Arts

Les précurseurs du Street Art, les célébrités de la scène française et internationale actuelle, les outsiders…Ils sont presque tous là, de Keith Haring à YZ en passant par Jef Aérosol, Banksy, Blek le Rat, C215, JR, Miss Tic, Space Invader, etc. Réunis dans la vaste Halle B de La Condition Publique à Roubaix, au fil d’un passionnant parcours qui raconte en une dizaine de sections la genèse du mouvement, son expansion mondiale et sa réalité d’aujourd’hui.

Pour s’exposer, le Street Art a trouvé une place de choix à La Condition Publique, monumental et beau bâtiment construit en 1902 pour stocker de la laine. Implanté dans le quartier du Pile, l’un des quartiers ouvriers historiques de Roubaix frappé de plein fouet par la mutation économique du secteur textile, cet ancien entrepôt constitue aujourd’hui un formidable lieu de vie et de culture, favorisant l’échange entre art, patrimoine et mémoire. Un lieu réhabilité par l’architecte Patrick Bouchain qui lui a conservé son aspect brut.

À travers les œuvres de cinquante artistes de renom, dont certaines créées in-situ sur les murs, sur le toit-terrasse et même dans le quartier, l’exposition Street Generation(s) , dont le commissariat est assuré par la galeriste Magda Danysz, dresse un panorama très complet et très documenté de ce mouvement qui a pris racine à la fin des années 1960 aux États-Unis, avec des graffiti sur les murs et les trains, se propageant à l’Europe et à la France en particulier. Œuvres d’une poignée de « writers », ces peintures murales colorées sont d’abord des signatures faites de lettres. Telle celle de l’artiste américain John Matos (né en 1961), alias CRASH, réputé pour son style graphique fort et coloré, et venu tout spécialement à la Condition Publique bomber son « blaze » sur le mur.

Ces signatures évolueront vers des messages dans les années 90, comme ceux sur la paix et les droits de l’homme de Shepard Fairey/Obey, auteur du célèbre portrait stylisé de Barack Obama. Envahissant les murs, les ponts, les palissades des villes, les peintures se transforment en véritables fresques utilisant diverses techniques et parfois associant : peintures en bombes, collages et assemblages comme cette immense palissade de YZ (Yseult Digan), une des femmes les plus actives de la scène du Street Art en France, connue pour ses portraits poétiques. Le pochoir aussi se hisse sur le devant de la scène du Street Art. Dans ce registre dominent Miss Tic, C215, Blek le Rat ou le britannique Banksy avec son humour sarcastique dénonçant les travers du monde qui l’entoure.

Car, c’est aussi une dominante du Street d’Art que de faire parler les murs à travers des messages forts, comme ce révolutionnaire dessin pour réclamer la liberté d’expression, une œuvre XXL de Psyckoze (Psy quand il veut faire court), inspirée de La Liberté guidant le Peuple d’Eugène Delacroix. Il n’est d’ailleurs pas le seul artiste du Street Art à se considérer comme l’héritier des grands maîtres de l’histoire de l’art ; C215 faisant de nombreux clins d’œil aux tableaux de la Renaissance.

Toujours en mouvement, le Street d’Art continue d’explorer de nouveaux formats, de nouvelles techniques et fait véritablement partie intégrante de l’histoire de l’art urbain (se sédentarisant parfois dans les galeries !). Et le Nord de la France constitue un de ses terrains de jeu et d’expression les plus vivants et prolixes avec une nouvelle génération d’outsiders (Isham, Mikostic, JonOne, Lem…), à découvrir à la Condition Publique jusqu’au 18 juin 2017. On y court !

Catherine Rigollet

 

- À voir aussi à La Piscine à Roubaix : Éloge de la couleur.
Du 1er avril au 11 juin 2017. Lire l’article.