L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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La galerie de l'Agora des arts

François Réau-Peintre

François Réau dans son atelier
Sans titre, Sarn part I - 2012
Dandelion, 2011
Untitled, pt. I - 2012
Marsh, part.V - 2011
Penumbra I - 2012
Penumbra II - 2012
Battlefield - pt. II - 2011
Study for Laurus Nobilis - 2012
Laurus Nobilis L. - 2012
Snow - 2012
The River - 2012
Fragment 29 - 2010-11
François Réau dans son atelier, 2012

La genèse de l’humanité est au cœur de l’œuvre de ce peintre et graveur qui a choisi le noir pour faire surgir l’invisible et retrouver les traces du passé. Une couleur qu’il associe au paysage crépusculaire de l’origine du monde, une couleur dont il aime la rigueur et la puissance et qui plus intimement évoque une maison d’enfance calcinée et la mémoire d’un grand-père bougnat. Un double souvenir de charbon qui aujourd’hui participe à la construction de son œuvre au noir, une peinture très graphique où le trait domine, obsessionnel, précis malgré son aspect griffé, et chemin de toutes les métaphores possibles. Une peinture le plus souvent abstraite même si François Réau récuse ce clivage entre abstraction et figuration, tout comme il s’applique à éviter sur la toile, comme sur le papier –son support favori pour sa fragilité et sa sensualité- toute rupture brutale entre les couleurs, cherchant à les fondre, comme dans la nature. Mêlant divers médiums (huile, crayons, encres, brou de noix, pierre noire, pastels gras…) et techniques (recouvrement au pinceau et à la brosse, grattage, gommage…), l’artiste refuse donc au passé de se laisser effacer et lui redonne vie, le réinvente à travers des univers paysagés évoquant le Big Bang par ces ébullitions noires et bleutés, ces drippings et coulures à la Pollock, puis les prémices d’un balbutiement de vie semblant jaillir d’une matrice noire originelle et chaotique qui finira par éclore en brassées d’herbes sauvages et minuscules fleurs de pissenlits s’éparpillant au vent léger d’un invisible souffle humain. Au cœur de son atelier lumineux, perché au 6ème étage d’une ancienne cité industrielle qui abrite aujourd’hui l’effervescence créative de dizaines d’artistes, François Réau aime travailler petits et grands formats, « dire beaucoup avec peu, aller à l’essentiel ». Formé aux ateliers des Beaux arts et diplômé des arts Appliqués de Poitiers, le regard exercé par des activités de directeur artistique dans l’édition et de scénographe d’expositions, il donne formes à ses visions de l’enfance de l’humanité, avec rémanence, alternant dans ses tableaux les constructions de paysages avec un point de fuite – généralement une source de lumière, ciel ou chemin- et celles, sans perspective, qui nous plongent au cœur d’une matière minérale, végétale ou aqueuse, sans possibilité d’évasion. Toujours en quête de nouveaux modes d’expression, telles que les installations (Les Egarés, Traversées), mais aussi la lithographie et la gravure, l’artiste a récemment entamé un travail sur la photographie de paysages reproduits sur toile et retravaillés par grattage, effacements et colorisation à la manière des pictorialistes du 19ème siècle, », sans jamais s’écarter de l’esthétique graphique du noir et blanc qui caractérise l’ensemble de son œuvre et en lui conservant son homogénéité.

Catherine Rigollet (octobre 2012)

- L’Agora des Arts a déjà consacré un article à François Réau à l’occasion de son exposition Hétérotopies, à la Galerie l’Oujopo à Lyon, du 29 mars au 5 mai 2012

Visuels des œuvres : ©François Réau
Portraits de François Réau : ©Lionel Pagès pour l’Agora des arts.