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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Michaël Borremans. As sweet as it gets

dimanche 23 février 2014

Du 22 février au 3 août 2014
Palais des Beaux Arts (Bozar)
Rue Ravenstein 23 - 1000 Brussel
Du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Nocturne jeudi jusqu’à 21h
Plein tarif : 12€
www.bozar.be

 

- Michael Borremans est représenté par la galerie Zeno X à Anvers et par la galerie David Zwirner à New York et Londres.

 

- À voir au même moment au palais des Beaux-Arts (Bozar à Bruxelles), la superbe rétrospective consacrée à Francisco de Zurbarán. - du 29 janvier au 25 mai 2014
Billet combiné Zurbarán + Borremans = 18€

 

- Installé dans le bâtiment « Blomme » art-déco des anciennes brasseries Wielemans-Ceuppens, le Centre d’art contemporain (Wiels) présente les œuvres de : Franz Erhard Walther (artiste allemand proche du minimalisme). Jusqu’au 11 mai 2014. Et de Akram Zaatari (artiste libanais dont l’une de ses œuvres, Lettre à un pilote qui a désobéi, fut remarquée à la précédente Biennale de Venise). Jusqu’au 27 avril 2014. www.wiels.org

 

- À voir aussi à Bruxelles : Le nouveau musée Fin-de-Siècle de Bruxelles. En savoir plus.

 

Le Thalys relie Paris à Bruxelles en 1h22, avec 25 allers-retours par jour, toutes les demi-heures.

Étrange, inquiétante et ironique, l’œuvre de Michaël Borremans, artiste belge né en 1963, est aussi déroutante. Voilà également le premier artiste surpris à déambuler dans son exposition, une brosse souple à la main, époussetant chaque tableau avec la minutie d’un maniaque de la propreté, allant même jusqu’à sortir son mouchoir pour effacer une trace laissée sur la vitre d’une petite sculpture-vidéo. « Je n’aime pas cela », avoue cet artiste inclassable qui a acquis à la fin des années 1990 une renommée internationale, grâce à une production variée et assez considérable de dessins, peintures et films dans laquelle il met en avant, de manière ironique et suggestive, parfois même surréaliste, la nature illusoire de nos représentations et l’absurdité de l’existence.

L’aveuglement, le silence, l’immobilisme et la mort sont omniprésents dans son œuvre figurative, ancrée dans l’histoire de l’art, la peinture flamande notamment et qui empreinte parfois à des tableaux historiques de Caravage, Manet, Chardin ou Courbet, tel The avoider (2006), monumental tableau de près de 4 mètres de haut qui ouvre l’exposition d’une centaine de ses œuvres des 14 dernières années que lui consacre le musée des beaux arts de Bruxelles. Le portrait d’un homme barbu, berger sans troupeau ou promeneur sans chaussures, posant avec son bâton, allusion évidente à La Rencontre de Gustave Courbet (1854). C’est aussi l’un des rares personnages qui regarde face à lui, sans pour autant croiser le regard du spectateur. Dans tous ses portraits, thème favori de Michaël Borremans, les yeux sont clos, plongés dans un monde intérieur ou les têtes sont baissées en signe d’impuissance ou de culpabilité quand elles ne sont pas complètement tournées, dévoilant des nuques que l’artiste prend visiblement un plaisir très romantique à peindre. Le masque est aussi un motif récurrent, « parce que tout homme est un comédien ». Borremans a l’art de l’énigme. Du détail déstabilisateur aussi : ce bonnet à oreilles sur une tête d’homme (Man Wearing a Bonnet) ; cette fillette debout sur une table d’où elle émerge à partir du tronc (The Skirt) ; cet homme une lame entre les lèvres comme la flûte d’un fifre (The Whistler), ou encore cette femme absorbée dans l’observation de ses avant-bras, étrangement recouverts d’un glacis noir (Anna), etc.
C’est son intérêt pour la puissance de l’imaginaire qui rend particulièrement attrayant le langage pictural subversif de Borremans qui confirme en quelques mots ce qui l’intéresse : « Un état intermédiaire, un interstice pouvant tenir lieu d’interface entre le physique et la métaphysique ». Chez Borremans, le temps est flou, on flotte entre deux siècles sans repères. Les repères manquent aussi dans ses films, des images mouvantes très picturales, comme The Storm, un film d’une seule image tournée en 35 mm et qui ne dure pas plus d’1 minute et 7 secondes.
Rébus encore sa série de dessins The House of Opportunity ? Une maison-ruche aux innombrables fenêtres qui paraît tantôt immense entourée de lilliputiens, tantôt de la taille d’une maison de poupée. Une maison comme le décor du théâtre de jeux de Mickaël Borremans qui aime nous embarquer dans son univers.
Cette exposition quittera ensuite le Palais pour le Tel Aviv Museum of Art et le Dallas Museum of Art. Ne la manquez pas.

Catherine Rigollet

Visuel : Michaël Borremans, The Angel, 2013, 300 x 200 cm, Courtesy Zeno X Gallery Antwerp ©Photographer Dirk Pauwels.
Visuel vignette : Michaël Borremans, Man Wearing a Bonnet, 2005, Huile sur toile, 42 x 36 cm ©C.R