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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Zurbarán, maître de l’Age d’or espagnol

dimanche 23 février 2014

Du 29 janvier au 25 mai 2014
Palais des Beaux-Arts
Rue Ravenstein 23 - 1000 Brussel
Du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Nocturne jeudi jusqu’à 21h
Plein tarif : 12€
www.bozar.be

 

- Le catalogue richement illustré, comprend des contributions, entre autres d’Ignacio Cano Rivero (étude introductive et contextualisation culturelle de Zurbarán dans son époque), de Gabriele Finaldi (Zurbarán et l’art italien), Benito Navarrete (Zurbarán et son atelier), Paolo Tanganelli (Zurbarán et la Mysticisme), Maria del Valme Muñoz Rubio (Les matériaux et techniques de Zurbarán).248 pages. 49€

 

- À voir au même moment au palais des Beaux-Arts (Bozar à Bruxelles), une très grande exposition consacrée à l’artiste belge contemporain Michaël Borremans. Du 22 février au 3 août 2014.

Billet combiné Zurbarán + Borremans = 18€

 

- À voir aussi à Bruxelles : Le nouveau musée Fin-de-Siècle.
En savoir plus.

 

- Le Thalys relie Paris à Bruxelles en 1h22, avec 25 allers-retours par jour, toutes les demi-heures.

On ne connait pas la figure de Francisco de Zurbarán (1598-1664). Est-ce lui qui s’est représenté en saint Luc, palette et pinceaux à la main, au pied du Christ en croix, dans cet émouvant tableau qui clôt la très belle rétrospective que lui consacre le musée des beaux arts de Bruxelles ? Nul ne peut l’assurer, mais certains le supposent et cette œuvre intimiste peinte vers 1650 et conservée au musée du Prado à Madrid résonne comme un tableau testament. Un concentré de son art. Celui d’un peintre dont le style se caractérise par un clair-obscur qui lui a valu le surnom de « Caravage espagnol », par des formes amples, une grande maîtrise dans le rendu des étoffes et des matières, le souci du détail et par une adhésion totale à la Contre Réforme et aux principes artistiques issus du concile de Trente en matière de représentation des images du Christ, sans pathos excessif, sans trace de martyre, ni goutte de sang, mais proche de l’homme pour émouvoir et encourager la dévotion.
Fervent portraitiste du Christ et de la Passion, peintre de la vie monastique et des saints avec une inclinaison particulière pour saint François d’Assise moult fois représenté (admirable tableau de saint François debout tenant un crâne, visage et corps encapuchonné dans l’épaisse et lourde robe de bure des Capucins), le maître de Séville, qui ne quitta guère la ville andalouse que pour quelques voyages à Madrid, réalisa avec l’aide de son atelier de grandes commandes pour les établissements religieux. Ce qui fera sa réputation. Et même les non-croyants peuvent être émus par l’univers très émotionnel de cet homme mystique, (qui se maria toutefois trois fois et eut neuf enfants). Son agneau aux pattes entravées (Agnus Dei) capte le regard, tout comme cet immense Christ en croix (1627), représenté sur un fond très sombre, évoquant symboliquement les Évangiles qui racontent que la Terre fut plongée dans le noir à l’instant où le Christ expira. Dans cette Espagne du siècle d’or où la spiritualité de la Contre Réforme a fait redécouvrir le rôle de l’imaginaire, Zurbarán peint pour frapper les esprits. L’extase, les visions et les miracles font recette et Zurbarán va en peindre dans de monumentales compositions, telle cette Vision de saint Pierre Nolasque séduisante par la douceur de ses coloris et sa délicatesse poétique.

Si Zurbarán, appelé à la cour en 1634 fit peu de portraits mondains, se concentrant aux côtés de Vélasquez sur la décoration du Palais de Buen Retiro, peignant des victoires de Philippe IV contre les Anglais et des travaux d’Hercule, c’est sans doute durant ces années qu’il contemple les collections royales et se familiarise avec la peinture du Baroque qui l’influencera, adoucissant notamment les contrastes lumineux dans ses œuvres. C’est ce qu’on constate dans la grande série de portraits de saints et de patriarches commandés à partir de 1647 pour les colonies espagnoles d’Amérique, souvent réinterprétés avec des costumes locaux. Son ténébrisme hérité de José de Ribera laisse alors place à des tons plus clairs, y apparaissent des ciels et des paysages, une rareté dans la peinture de Zurbarán concentrée sur les personnages. Rares aussi sont ses natures mortes, presque toujours à connotations religieuses. Mais la simplicité de leur mise en scène leur confère une présence d’autant plus forte comme cette Tasse d’eau et rose sur un plateau d’argent.

Exactement 350 ans après sa mort, Bruxelles est, après Ferrare, la seule ville qui rend hommage à Zurbarán. La dernière grande exposition internationale dédiée à son œuvre remonte à 1988 et s’est déroulée au Metropolitan Museum of Art (New York), au Musée du Louvre (Paris) et au Museo Nacional del Prado (Madrid). Cette rétrospective en cinquante toiles, dont quelques chefs d’œuvre prêtés par le Prado et le musée Thyssen-Bornemisza à Madrid, le San Diego Museum, la National Gallery à Londres, le musée des beaux arts de Séville, le musée d’art de Milwaukee, etc, est donc exceptionnelle.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Francisco de Zurbarán, Saint François (vers 1635). Huile sur toile, 204 x 112 cm. The Milwaukee Art Museum.
Visuel page d’accueil : Francisco de Zurbarán, Agnus dei (1635-1640), huile sur toile, 35,56 x 52,07 cm.
San Diego, The San Diego Museum of Art, gift of Anne R. and Amy Putnam.